Les distorsions cognitives

TCC

Certaines pensées automatiques peuvent révéler des défaillances dans le traitement de l’information. Ces distorsions cognitives sont fréquemment associées à la dépression, à l’anxiété ainsi qu’à la plupart des troubles mentaux. Voici les dix plus courantes :

La pensée dichotomique : tout ou rien

Lorsque le raisonnement est privé de nuances, tout ce qui n’est pas une victoire devient une défaite, tout ce qui n’est pas sans risque devient dangereux, etc. Ce type de pensée se retrouve logiquement associé au perfectionnisme, aux sentiments dépressifs d’incapacité, de culpabilité, d’autodévalorisation mais également à certains traits de personnalités pathologiques.

« Si vous n’êtes pas avec moi, vous êtes contre moi »

« J’ai fait un écart, ça ne vaut plus la peine de continuer le régime »

« L’employeur ne m’a pas recruté, je ne suis pas fait pour ce boulot »

L’abstraction sélective : filtrage mental

D’un événement ou d’une expérience ne seront retenus que les détails les plus déplaisants. Ceux-ci viennent souvent confirmer une croyance négative préalable. Cette opération conduit la plupart du temps à une fixation et à des ruminations anxieuses, dépressives, obsédantes en rapport avec ces fameux détails.

« J’ai gâché mon RDV avec lui car en l’embrassant, je lui ai marché sur le pied »

« Mon exposé est raté, j’ai vu quelqu’un rire dans le public »

« Ce médecin a consulté le Vidal pendant la consultation, il n’est pas compétent »

La disqualification du positif : pas pour moi

Plus que d’un à priori négatif, il s’agit d’un rejet systématique du caractère positif d’un événement et de sa transformation neutre ou négative. Un événement négatif sera en revanche bien mérité. Ce genre de raisonnement constitue un puissant renforçateur de la dépression tant il a tendance à priver des conséquences positives de l’action.

« Oui j’ai eu mon diplôme cette année, mais c’est un coup de chance »

« Elle m’a fait un compliment sur ma cuisine, mais c’est parce qu’elle a pitié de moi »

« Le patron m’a offert une promotion mais c’est parce qu’il n’avait personne d’autre à qui la donner »

La surgénéralisation : toujours et partout

L’extrapolation peut devenir outrancière, notamment lorsqu’un ou quelques évènements négatifs suffisent à résumer l’ensemble des expériences et/ou des performances d’un individu. Cette surgénéralisation peut aussi bien concerner le passé, le présent ou l’avenir (verticale ou chronologique) qu’elle peut s’étendre à d’autres domaines plus ou moins en rapport avec l’événement.

« J’ai été licencié, j’ai toujours été incapable de garder un boulot »

« Aucune fille ne m’a invité à danser hier, et de toute façon personne ne s’intéresse à moi »

« Je suis encore tombé sur un homme marié, c’est sûr, je resterai seule toute ma vie »

L’étiquetage : jugement définitif

Coller sur soi ou les autres des étiquettes négatives procure volontiers des émotions toutes aussi négatives et contrarie parallèlement toute idée d’évolution positive. Cataloguer renforce notamment le sentiment d’incapacité et le désespoir caractéristiques de la dépression.

« J’ai oublié mon RDV, je ne suis pas quelqu’un de fiable »

« Il m’a doublé par la droite, c’est un chauffard! »

« Je me suis énervé contre lui, je ne sais pas garder mon sang froid »

L’inférence arbitraire : boule de cristal

Lorsque ce qui devrait rester une intuition devient une conviction, la conclusion se tire souvent trop hâtivement et sans preuve. Lire dans la pensée d’autrui ou prédire l’avenir restent deux pratiques divinatoires fréquemment associées à la souffrance émotionnelle et à la renonciation anxieuse ou dépressive.

« Ça ne sert à rien de lui demander une augmentation car si je la méritais, il me l’aurait donnée »

« Je ne serai jamais suffisamment solide pour pouvoir me passer des médicaments »

« Si elle ne m’a pas rappelé, c’est qu’elle n’a pas envie de me voir ».

La pensée catastrophique : pire du pire

Des scénarios désastreux peuvent se construire sur la base d’un simple incident sans gravité, et conduire à « s’en faire une montagne ». Assimiler ce qui devrait rester des pensées à des faits, toujours sans preuve, favorise l’escalade d’émotions négatives associées à ces prédictions funestes.

« Ma fille n’est toujours pas rentrée, elle a du se faire kidnapper, violer, assassiner… »

« J’ai laissé ma braguette ouverte toute la matinée, ils doivent tous se moquer de moi, ma réputation est fichue, je n’ai plus qu’à changer de boulot, à déménager, loin… »

« Ma femme rigole en lisant le SMS d’un collègue, elle me trompe, elle ne m’aime plus, nous allons devoir divorcer et je me retrouverai seul, personne ne voudra d’un cocu comme moi… »

Le raisonnement émotif : preuve par le sentiment

Lorsque l’importance accordée à une émotion devient excessive, celle-ci peut être assimilée à une véritable preuve, voire à un fait et aboutir à un jugement erroné. Les émotions fortes contrarient ainsi la prise en compte d’éléments contradictoires et donc l’analyse rationnelle d’une situation.

« S’il a réussi à m’énerver à ce point, c’est qu’il cherche les problèmes »

« Le patron m’a convoqué dans son bureau, je ne suis pas tranquille, il a certainement quelque chose à me reprocher »

« J’étais mal à l’aise au diner, je suis sûr qu’ils m’ont trouvé ridicule ».

La personnalisation : auto-flagellation

L’interprétation d’un événement peut conduire à surestimer sa responsabilité voire à la créer de toutes pièces, ceci favorisant logiquement l’émergence d’un sentiment de culpabilité. Ce phénomène se répète et s’intensifie au cours de la dépression jusqu’à parfois se sentir la cause de tous les malheurs du Monde.

« Mon fils a encore raté ses examens, je n’ai jamais réussi à lui donner le gout des études »

« Ma femme semble contrariée, j’ai forcément dit quelque chose de mal »

« Mon père fait une dépression, c’est de ma faute, je n’ai pas été à la hauteur de ses attentes »

Les fausses obligations : musturbation

Les règles fixées de façon arbitraire, les exigences rigides de soi-même ou des autres favorisent volontiers l’émergence de sentiments douloureux tels que la déception, la frustration, la culpabilité ou la colère. Les « je souhaiterais », « j’aurais préféré » laissent la place aux « je dois », « il faut ».

« Il faut toujours aider ses amis, je ne peux donc pas refuser de lui prêter de l’argent »

« Il est indispensable d’être apprécié de ses voisins, je ne dois donc pas leur faire de reproches quand ils font du bruit »

« Après tout ce que j’ai fait pour elle, comment ose-t-elle refuser de me confier sa voiture? »

Dépression résistante et TCC

Antidépresseurs, Revues Pro, TCC, Troubles de l'humeur

Les antidépresseurs se révèlent insuffisamment efficaces dans deux tiers des cas de dépression caractérisée. Le pronostic de ces patients peu ou pas aidés par le traitement médicamenteux demeure globalement médiocre et souvent lié à la pertinence de mesures complémentaires mises en place par eux-mêmes ou leur médecin. La « cuisine » médicamenteuse (changement, ajout d’un second antidépresseur ou d’un stabilisateur de l’humeur) peut satisfaire autant qu’elle peut exposer à davantage d’effets secondaires voire à des escalades plus ou moins hasardeuses. La psychothérapie est souvent brandie comme la grande mesure noble et salvatrice qui permettra au patient de se libérer de ses vieux démons, et de guérir, s’il le veut bien. Étrangement, cette vision très caricaturale est aussi bien présente chez les professionnels que chez les patients et leur entourage. Dans notre beau pays, la psychothérapie est majoritairement imprégnée par la psychanalyse dont les principes entretiennent cette pensée magique. Les patients s’engouffrent alors dans un puits sans fond à la recherche d’une révélation, d’un « déclic », d’un traumatisme ignoré, oublié ou refoulé qui pourrait expliquer d’une manière ou d’une autre leur souffrance actuelle. Certains se lassent, d’autres persistent et finissent parfois par aller mieux (la dépression peut aussi évoluer spontanément vers la rémission). D’autres encore s’orientent vers une thérapie cognitive et comportementale (TCC), davantage axée sur le présent, l’avenir et la recherche active de solutions. Cette méthode n’est certainement pas miraculeuse mais ses représentants ont au moins la décence d’évaluer leur efficacité selon les principes de la médecine basée sur les preuves.

Une étude récemment publiée dans le prestigieux Lancet évalue l’efficacité de la TCC en complément d’un traitement antidépresseur insuffisamment ou non efficace.

Les 469 participants à cette étude présentent un épisode dépressif sévère (28%), modéré (58%) ou léger (14%) qui ne s’inscrit pas dans l’évolution d’un trouble bipolaire, d’une schizophrénie ou d’un abus de substances. Ils bénéficient tous d’un traitement antidépresseur depuis au moins 6 semaines et sont répartis aléatoirement dans deux groupes : le premier est dédié à la prise en charge classique ou habituelle, au second y sont ajoutées entre 12 et 18 heures de TCC.

Les résultats sont plutôt encourageants :

  • À 6 mois, 46% des patients du groupe TCC sont répondeurs (disparition de plus de la moitié des symptômes dépressifs) contre 22% dans l’autre groupe.
  • À 1 an, 55% des patients du groupe TCC sont répondeurs contre 31%.

Si de plus en plus de professionnels se forment aux TCC, il reste encore extrêmement difficile d’en bénéficier, même en région parisienne. Mieux vaut être riche et/ou savoir attendre. Les psychiatres ne disposent souvent pas du temps nécessaire pour une activité purement psychothérapeutique. Lorsque c’est le cas, il faut choisir entre des tarifs souvent très dissuasifs en libéral et des délais d’attente intolérables dans les établissements publics, qu’il s’agisse de psychiatres ou de psychologues. La psychiatrie publique sectorielle, hospitalière ou ambulatoire, toujours très imprégnée de psychanalyse, contrarie l’ouverture à d’autres courants. L’offre de soin de la plupart des centres médico-psychologiques (CMP) reste ainsi globalement verrouillée sur l’orientation psychanalytique, au détriment des patients.


Wiles N and al. Cognitive behavioural therapy as an adjunct to pharmacotherapy for primary care based patients with treatment resistant depression: results of the CoBalT randomised controlled trial. The Lancet, Feb 2013. Vol. 381(9864): 375-84. Published Online: 7 December 2012

Le trouble bipolaire

Neuroleptiques, Prise en charge, Stabilisateurs de l'humeur, Troubles de l'humeur

Fréquent, le trouble bipolaire concerne environ 1 % de la population (jusqu’à 10 % pour les formes mineures) et de 10 à 15 % des consultations en psychiatrie. Cette pathologie est également invalidante, au point de se révéler la sixième cause de handicap dans le monde entre 15 et 44 ans. La surmortalité associée au trouble bipolaire est due non seulement au suicide, mais également à l’abus d’alcool et de drogues, et enfin à certaines pathologies somatiques associées et volontiers iatro-gènes (obésité, diabète, maladies cardio-vasculaires).

L’âge de début se situe entre 17 et 27 ans, mais le délai moyen entre les premières manifestations et la mise en place d’un traitement adapté est proche de dix ans. Un patient consulte en moyenne trois médecins différents avant que le diagnostic soit posé, ce qui s’avère déplorable compte tenu du risque suicidaire et des complications psychosociales.

Manie, dépression, mais pas seulement

Auparavant, la psychose maniaco-dépressive concernait l’ensemble des troubles de l’humeur à caractère cyclique. Depuis une cinquantaine d’années, les troubles bipolaires, distingués des épisodes dépressifs récurrents (troubles unipolaires), sont grossièrement définis par la répétition ou l’alternance d’épisodes dépressifs, maniaques, hypomaniaques ou mixtes, séparés par des intervalles plus ou moins sains.

– L’épisode dépressif se caractérise par une tristesse et une anxiété accompagnées de ruminations douloureuses, marquées par des idées d’incapacité, d’inutilité, de culpabilité, voire d’incurabilité, le tout associé à un ralentissement idéique (atteinte notamment des capacités de mémoire et de concentration) et moteur, ainsi qu’à des perturbations du sommeil et de l’appétit.

– L’épisode maniaque associe une hyperréactivité et une instabilité émotionnelle caractérisée par des oscillations rapides et marquées entre euphorie, irritabilité, anxiété et tristesse, le tout accompagné d’une réduction des besoins de sommeil, d’une mégalomanie, d’une désinhibition et d’une nette accélération des processus idéo-moteurs jusqu’à l’hyperactivité stérile et des projets ou comportements inconsidérés.

– L’épisode hypomaniaque représente une forme atténuée de manie caractérisée par une intensité moindre, une durée inférieure, l’absence d’idées délirantes et le moindre retentissement socioprofessionnel.

– L’épisode mixte est défini par la présence simultanée ou l’alternance ultra-rapide de symptômes maniaques, hypomaniaques et dépressifs.

Diagnostic des différents types

Le diagnostic du trouble bipolaire reste clinique. Il sera porté dès la survenue d’un épisode maniaque (type 1), en cas de survenue d’au moins un épisode hypomaniaque chez un patient ayant auparavant présenté des épisodes dépressifs (type 2), ainsi qu’en cas de récurrence d’épisodes dépressifs associés à des antécédents familiaux de troubles bipolaires ou à un virage de l’humeur induit par un antidépresseur (type 3). Les cycles rapides sont définis par la présence d’au moins quatre épisodes thymiques lors des douze derniers mois.

Il existe également des formes atténuées comme la cyclothymie (alternance de symptômes dépressifs et hypomaniaques qui ne peuvent répondre aux critères d’un épisode caractérisé) et des formes « frontières » comme le trouble schizo-bipolaire, dont les manifestations évoquent une position intermédiaire entre trouble bipolaire et schizophrénie.

Traitements stabilisateurs de l’humeur

Lors des accès, la prise en charge vise à réduire l’intensité des symptômes et à prévenir les complications à court terme : suicide, troubles du comportement et conduites à risque, notamment les dépenses inconsidérées qui nécessitent la mise en place de mesures de protection des biens, de type sauvegarde de justice. Dans un second temps, l’objectif demeure la stabilisation de l’humeur et la prévention des rechutes, tout en tentant de préserver au maximum le bon fonctionnement du patient dans les sphères sociale, professionnelle et familiale, ceci sans négliger le dépistage et le traitement des comorbidités médico-psychiatriques. Il appartient au médecin traitant ou au psychiatre de coordonner les professionnels concernés et d’impliquer au mieux l’entourage du patient dans cette prise en charge.

Le traitement médicamenteux des accès maniaques et mixtes repose en première intention sur les sels de lithium, le divalproate de sodium et certains antipsychotiques atypiques en privilégiant la monothérapie. En seconde intention peuvent être envisagés d’autres anticonvulsivants (carbamazépine, valpromide ou oxycarbazépine), les neuroleptiques classiques ou d’autres antipsychotiques atypiques (amisulpride ou clozapine). En cas d’épisode dépressif, les antidépresseurs peuvent être utilisés en association au traitement régulateur de l’humeur, mais avec précaution en raison des risques suicidaires et de virage maniaque qui rendent nécessaire la mise en place d’une surveillance étroite.

La prévention des rechutes repose en premier lieu sur les sels de lithium, le divalproate de sodium et le valpromide, puis en seconde intention sur d’autres anticonvulsivants et certains antipsychotiques atypiques ou conventionnels.

Les médications à visées anxiolytiques ou hypnotiques peuvent se révéler nécessaires, notamment lors des accès, mais leur prescription doit rester limitée dans le temps. Certaines spécialités sont également employées pour lutter contre les effets secondaires, à commencer par les anticholinergiques pour les symptômes extrapyramidaux liés aux neuroleptiques, mais également les correcteurs de la sialorrhée, du transit, de l’hypotension orthostatique, ainsi que certaines molécules indiquées dans les dysfonctions érectiles.

Mesures non médicamenteuses

Les traitements et mesures non médicamenteuses demeurent pour certains incontournables, y compris lors des épisodes aigus, notamment l’hospitalisation qui s’impose en cas de risque suicidaire élevé, de troubles du comportement majeurs, d’un accès sévère ou résistant au traitement, de la nécessité d’une réévaluation diagnostique ou thérapeutique, de comorbidités complexes, d’une situation d’isolement ou encore d’absence de soutien socio-familial adapté. Les soins sous contrainte sont mis en place dans le cas où le patient ne peut y consentir du fait de ses troubles, tout en constituant un danger pour lui-même, pour les autres ou pour l’ordre public.

Le recours à l’électroconvulsivothérapie (ECT ou sismothérapie) est indiqué lorsque le pronostic vital est mis en jeu à court terme en cas d’accès sévère, catatonique, prolongé ou réfractaire aux médicaments, ou lorsque ces derniers sont contre-indiqués.

Dans un second temps, la psychoéducation (autrement nommée éducation thérapeutique du patient) tient une place centrale dans la prise en charge. Elle consiste à informer le patient de manière structurée et personnalisée sur le trouble et les médicaments, à développer sa capacité à détecter les signes précurseurs d’une rechute, notamment par une auto-surveillance, et à encourager un aménagement de son mode de vie : limiter des facteurs de stress, améliorer leur gestion, favoriser l’arrêt des consommations de substances psychoactives, pratiquer une activité physique, favoriser un sommeil suffisant et régulier ou encore lutter contre la désocialisation.

La psychothérapie de soutien, effectuée par le psychiatre ou le médecin traitant, doit être associée au traitement médicamenteux sans pour autant s’y substituer. Il s’agit d’un suivi régulier de l’état clinique, de l’observance, d’une aide à la gestion des symptômes résiduels ou à l’identification des signes de rechute. D’autres psychothérapies plus structurées peuvent également être entreprises, notamment les thérapies cognitives et comportementales (TCC), qui contribuent à la prévention des rechutes et à l’alliance thérapeutique avec le prescripteur.

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Revue PHARMA – No. 94 – Septembre 2012

Marion Mari-Bouzid – Les enfants de la psychanalyse (2012) ♥♥♥♥

Livres, Psychanalyse

Ce sympathique bouquin, fruit de l’admirable travail de la psychologue Marion Mari-Bouzid, est particulièrement recommandé aux lecteurs imprégnés de psychanalyse, à savoir une bonne partie de la population française. Selon l’auteure, les enfants de psys, du moins ceux qu’elle a rencontrés, constituent un modèle idéal pour illustrer les conséquences négatives de cette imprégnation, tant celle-ci est profonde chez eux.

La plupart de ces enfants ont grandi dans une sorte de monde parallèle voué au culte de l’inconscient freudien et au sein duquel ils apprennent à adopter une position systématique de recul et d’analyse sans fin de tout ce qui les entoure selon la fameuse grille de lecture basée sur le symbolisme sexuel et les interprétations contradictoires.

Ces ruminations perpétuelles et souvent stériles en deviennent logiquement paralysantes au point de suggérer que finalement, c’est la psychanalyse qui crée la névrose comme elle la définit.

Ces pauvres enfants parviennent ils à sortir de cette emprise typiquement sectaire? Vous le saurez en lisant cet ouvrage qui aurait mérité davantage de promotion, toujours disponible sur le site de l’éditeur et dont les premières pages sont offertes à la lecture.

À qui s’adresse ce livre selon MMB

Je rencontre, dans ma pratique de psychothérapeute, certaines personnes souffrant d’anxiété ou de dépression et ayant acquis la conviction que le problème se situe à l’intérieur d’elles (un complexe inconscient non résolu, une incapacité structurelle, névrotique), soit qu’elles aient rencontré des psys formés à la psychanalyse, soit qu’elles aient lu des ouvrages parlant de psychanalyse. Elles passent un temps incroyable à chercher dans le fort intérieur, leur « inconscient », les causes présumées de leurs troubles, pensant que cela leur permettra de s’en sortir.

Ces personnes, sans le savoir, ont été bercées dans l’idée « psychanalytique » largement véhiculée par les médias que la source de tous nos maux se trouve à l’intérieur de nous. Elles en concluent qu’elles devraient donc rechercher en elles la solution. Or, cette conclusion amène à des tentatives de contrôle excessives, à une fragilisation des personnes face à leurs troubles et à une incapacité encore plus grande de puiser dans leur environnement les ressources disponibles pour faire face.

La problématique des enfants de psychanalystes est une expression paroxystique de ces tentatives de contrôle et de ce fantasme que tout se joue là, dans un « no man’s land » qui serait à l’intérieur de la personne et dont celle-ci, serait, paradoxalement, responsable : le questionnement sur soi qui tourne en boucle, les questions pour l’art sans les réponses, une tendance à se définir en négatif (complexe, défaut de…, tendances obsessionnelles, inhibition, etc…) avec les termes de la psychopathologie psychanalytique, une vision « désenchantée » du monde qui empêche de croire en autre chose qu’en le sacro-saint inconscient.

Au-delà de la problématique des enfants de psys, il sera donc bien question d’un monde, d’une culture « psychanalytique » et des aberrations auxquelles elle peut amener quand elle devient la référence absolue et s’applique, au-delà du cabinet du psychanalyste, à la société entière, présidant à la création de normes nouvelles et d’êtres nouveaux, d’une nouvelle façon de se définir.

Pour toute personne qui pense qu’un psy peut lire dans son inconscient comme s’il avait une boule de cristal ou qu’il existe une vérité cachée sur elle qu’elle ne connaitrait pas,

Pour toute personne baignée dans le champ de la psychanalyse sans le savoir (monde de l’éducation, secteur social, de la petite enfance…) et qui, lorsque son enfant se plaint d’un mal de ventre, se pose la question de ce qu’il essaie inconsciemment d’exprimer à travers ce mal de ventre avant même d’envisager l’hypothèse de l’indigestion,

Pour toute personne qui se demande si elle ne cherche pas à réaliser dans sa relation amoureuse le désir œdipien de coucher avec sa mère ou qui interprète sa difficulté à passer ses examens comme une peur de « tuer le père »,

Enfin, pour toute personne qui se pose des questions sur elle et qui pense que la psychanalyse peut lui offrir les réponses,

Ce livre pourrait apporter des éléments certains de réponse…

Quatrième de couverture

Vous vous êtes peut-être un jour adressé à un psy formé à la psychanalyse ou peut-être, du moins, l’avez-vous déjà envisagé…
Ce livre peut vous être utile, à vous, ainsi qu’à tous ceux qui se sont à un moment donné, de près ou de loin, intéressés au monde de la psychanalyse.
À travers les différents témoignages vivants d’enfants de psychanalystes célèbres collectés dans cet ouvrage, vous pourrez avoir un aperçu imagé de ce à quoi peut aboutir une pratique, une pensée, la pensée psychanalytique, lorsqu’elle n’est plus cantonnée au seul divan, mais qu’elle est appliquée, au-delà des patients névrosés, aux enfants des psys, voire à la société entière, présidant à la création de nouvelles normes et d’êtres nouveaux..
Et c’est bien ce que sont nos enfants de psychanalystes et également un peu nous tous, enfants de la psychanalyse, sans que nous n’en ayons parfois même conscience: un pur produit de la pensée, de l’idéologie psychanalytique largement véhiculée par les médias.
À quoi cela peut donc bien ressembler?
C’est ce que vous découvrirez en lisant ce livre auquel vous accorderez une « écoute non flottante » et que vous saurez apprécier avec « neutralité bienveillante ».

Le groupe AUTISME sur Facebook : une affaire de scission ?

Autisme, Internet, Psychanalyse

Il y a quelques mois, un psychanalyste (1) de renom fonde un premier groupe AUTISME sur Facebook dans le but d’y réunir des psychanalystes et des parents d’autistes, ceci sans pour autant limiter le rassemblement à ces deux qualités. Il m’est impossible de certifier des intentions précises de ce psychanalyste mais j’ai interprété cette initiative comme résultant d’une volonté de renouer un dialogue constructif entre ces deux populations.

Le descriptif de ce groupe est alors le suivant : L’AUTISME EST UNE CAUSE NATIONALE ET INTERNATIONALE, alors causons ici et maintenant.

Le groupe AUTISME attire rapidement plusieurs milliers de personnes et même si une faible proportion intervient, des échanges s’engagent. Je commence à y intervenir régulièrement et à y trouver une certaine place.

Première scission

Le psychanalyste fondateur (1) se met rapidement à nommer un très grand nombre d’administrateurs parmi les membres du groupe jusqu’à ce qu’un psychanalyste (2) prenne l’initiative de supprimer tout le monde de l’administration, sauf lui-même.

Devant ce qui est alors considéré par beaucoup comme une prise de pouvoir autoritaire et sans partage, le psychanalyste fondateur décide de fonder un deuxième groupe nommé  • AUTISME •Ÿ, ceci après avoir refusé de piloter le groupe AUTISME II : la réconciliation auparavant créé par quelqu’un d’autre suite au putsch. Il est alors suivi par la plupart des intervenants sans pour autant que ces derniers ne quittent le premier groupe dans lequel la plupart des échanges cesseront. Il est alors décidé que le nouveau groupe sera administré par une équipe de cinq personnes parmi lesquelles le psychanalyste fondateur (1), une psychanalyste (3), un juriste (4), la mère d’un enfant autiste et un ancien infirmier en psychiatrie également père d’un enfant autiste.

Deuxième scission

Je continue alors régulièrement à intervenir dans le nouveau groupe jusqu’à être sollicité pour faire partie de cette équipe d’administration en tant que psychiatre d’orientation TCC. J’accepte cette proposition et découvre que mon admission parmi les administrateurs a entrainé la démission de la psychanalyste (3) qui en faisait partie jusque-là. Elle fonde alors dans la foulée un nouveau groupe relatif à la psychanalyse.

Troisième scission

Quelques jours plus tard, le psychanalyste fondateur (1) exclue sans préavis tous les membres de l’équipe d’administration, sauf lui, ainsi que plusieurs intervenants du groupe. Je me retrouve même exclu du groupe tout comme le juriste. Le psychanalyste fondateur nomme une nouvelle équipe d’administration comprenant un psychanalyste renommé (5) qui déclinera rapidement l’invitation, un psychiatre d’orientation TCC également renommé qui quittera rapidement le groupe, la mère d’un enfant autiste précédemment citée ainsi que l’infirmier psychiatrique et père d’un enfant autiste. Le psychanalyste fondateur finit par quitter le groupe pour aller créer un nouveau groupe relatif à la psychanalyse et au sein duquel il insultera publiquement une psychanalyste (6) qui déposera une plainte contre lui au Conseil de l’Ordre.

Quatrième scission ?

Je suis rapidement réintégré au sein de l’administration du groupeŸ • AUTISME • Ÿen compagnie du juriste (4), de la mère d’un enfant autiste précédemment citée ainsi que l’infirmier psychiatrique et père d’un enfant autiste. Il est alors décidé d’inclure parmi les administrateurs un nouveau psychanalyste renommé (7). Quelques semaines plus tard, je m’aperçois que ce dernier m’a bloqué, ce qui implique que je ne peux pas lire ce qu’il poste sur le groupe. Le blocage est apparemment bien antérieur à la création des groupes dont il est question. Quelques heures après avoir révélé ce blocage, le psychanalyste (7) quitte l’administration et le groupe.

À suivre…