JMH – Rescapée de la scientologie (2013) ♥♥♥½

Livres

Il ne s’agit pas de grande littérature, ni du premier récit d’un ex-scientologue concernant son expérience de la secte et son chemin vers la déconversion. Il serait d’ailleurs malvenu de parler de déconversion alors que la conversion préalable n’a pas vraiment eu lieu : cette jeune femme a été élevée depuis son plus jeune âge au sein de cette organisation dont le grand dirigeant n’est autre que son oncle. Son émancipation progressive, effectuée à partir des couches les plus profondes et esclavagistes de la secte, n’en apparaît que plus valeureuse. Si ce témoignage aurait certainement bénéficié d’un style un peu moins pesant, il aurait encore davantage gagné à être agrémenté de commentaires émanant d’un expert en manipulation. Son récit illustre la plupart des procédures de soumission à l’œuvre au sein des mouvements sectaires, mais sans le recul suffisant pour les cerner. L’une des grandes questions soulevée par ce livre concerne l’attitude à adopter face à des adeptes endoctrinés. Selon l’auteure, « ça doit venir de l’intérieur », l’interventionnisme resterait inefficace sans une prise de conscience préalable. Cette redoutable théorie du « déclic » peut inciter à refuser d’aider un alcoolique tant qu’il ne voudra pas « vraiment » arrêter, une décision qu’il aura d’autant plus de mal à prendre s’il reste livré à lui-même, sans aide. Si ce fameux « déclic » peut évidemment survenir, ce sont des facteurs externes à l’individu qui peuvent au mieux le précipiter, et le récit de cette jeune femme le prouve. Ses premiers gros doutes surviennent grâce à l’influence d’un petit copain, lui aussi membre de la secte, qui la trouble autant par son charme que par son esprit critique à l’égard de la scientologie. Quelques années plus tard, sa décision de quitter l’organisation est prise après une mission en Australie pendant laquelle elle côtoie des adeptes relativement moins assujettis et goute à certains plaisirs de la vie, une liberté fraichement acquise à laquelle elle ne renoncera pas…

Pour en revenir à la manipulation, voici quelques exemples de méthodes utilisés par la scientologie relatés dans le livre :

Promettre l’accès à une connaissance que les autres n’ont pas (la rareté), et qui permettrait de répondre à la plupart des questions existentielles. Les conditions requises pour l’obtention de cette connaissance « suprême » (évidemment illusoire) sont les processus d’endoctrinement ci-dessous

Épuisement physique par des régimes, des activités physiques intenses (jusqu’aux travaux forcés) et la privation de sommeil, ce qui facilitera le conditionnement et la soumission globale.

Instruction, souvent payante qui permet de grimper des échelons et de renforcer l’engagement tout en appauvrissant la pensée et l’esprit critique. Il s’agit principalement de l’apprentissage d’un jargon propre à la secte et de notions vagues, vides de sens, pseudoscientifiques masquant plus ou moins un conditionnement poussé vers une soumission maximale à l’idéologie du mouvement.

Punition supérieure à la récompense afin de limiter l’ascension, de favoriser un sentiment de culpabilité, de favoriser les dénonciations, de privilégier la méfiance entre adeptes à la méfiance envers la secte (l’emprise sectaire divise pour mieux régner).

Isolement par rapport à la famille, au monde extérieur et à la société désignée comme hostile et persécutante, ce qui permet de renforcer la sympathie à l’égard d’une secte qui détient les seules références sociales : les adeptes (preuve sociale), et la seule information disponible : la vérité.

Rescapée de la scientologie

Marion Mari-Bouzid – Les enfants de la psychanalyse (2012) ♥♥♥♥

Livres, Psychanalyse

Ce sympathique bouquin, fruit de l’admirable travail de la psychologue Marion Mari-Bouzid, est particulièrement recommandé aux lecteurs imprégnés de psychanalyse, à savoir une bonne partie de la population française. Selon l’auteure, les enfants de psys, du moins ceux qu’elle a rencontrés, constituent un modèle idéal pour illustrer les conséquences négatives de cette imprégnation, tant celle-ci est profonde chez eux.

La plupart de ces enfants ont grandi dans une sorte de monde parallèle voué au culte de l’inconscient freudien et au sein duquel ils apprennent à adopter une position systématique de recul et d’analyse sans fin de tout ce qui les entoure selon la fameuse grille de lecture basée sur le symbolisme sexuel et les interprétations contradictoires.

Ces ruminations perpétuelles et souvent stériles en deviennent logiquement paralysantes au point de suggérer que finalement, c’est la psychanalyse qui crée la névrose comme elle la définit.

Ces pauvres enfants parviennent ils à sortir de cette emprise typiquement sectaire? Vous le saurez en lisant cet ouvrage qui aurait mérité davantage de promotion, toujours disponible sur le site de l’éditeur et dont les premières pages sont offertes à la lecture.

À qui s’adresse ce livre selon MMB

Je rencontre, dans ma pratique de psychothérapeute, certaines personnes souffrant d’anxiété ou de dépression et ayant acquis la conviction que le problème se situe à l’intérieur d’elles (un complexe inconscient non résolu, une incapacité structurelle, névrotique), soit qu’elles aient rencontré des psys formés à la psychanalyse, soit qu’elles aient lu des ouvrages parlant de psychanalyse. Elles passent un temps incroyable à chercher dans le fort intérieur, leur « inconscient », les causes présumées de leurs troubles, pensant que cela leur permettra de s’en sortir.

Ces personnes, sans le savoir, ont été bercées dans l’idée « psychanalytique » largement véhiculée par les médias que la source de tous nos maux se trouve à l’intérieur de nous. Elles en concluent qu’elles devraient donc rechercher en elles la solution. Or, cette conclusion amène à des tentatives de contrôle excessives, à une fragilisation des personnes face à leurs troubles et à une incapacité encore plus grande de puiser dans leur environnement les ressources disponibles pour faire face.

La problématique des enfants de psychanalystes est une expression paroxystique de ces tentatives de contrôle et de ce fantasme que tout se joue là, dans un « no man’s land » qui serait à l’intérieur de la personne et dont celle-ci, serait, paradoxalement, responsable : le questionnement sur soi qui tourne en boucle, les questions pour l’art sans les réponses, une tendance à se définir en négatif (complexe, défaut de…, tendances obsessionnelles, inhibition, etc…) avec les termes de la psychopathologie psychanalytique, une vision « désenchantée » du monde qui empêche de croire en autre chose qu’en le sacro-saint inconscient.

Au-delà de la problématique des enfants de psys, il sera donc bien question d’un monde, d’une culture « psychanalytique » et des aberrations auxquelles elle peut amener quand elle devient la référence absolue et s’applique, au-delà du cabinet du psychanalyste, à la société entière, présidant à la création de normes nouvelles et d’êtres nouveaux, d’une nouvelle façon de se définir.

Pour toute personne qui pense qu’un psy peut lire dans son inconscient comme s’il avait une boule de cristal ou qu’il existe une vérité cachée sur elle qu’elle ne connaitrait pas,

Pour toute personne baignée dans le champ de la psychanalyse sans le savoir (monde de l’éducation, secteur social, de la petite enfance…) et qui, lorsque son enfant se plaint d’un mal de ventre, se pose la question de ce qu’il essaie inconsciemment d’exprimer à travers ce mal de ventre avant même d’envisager l’hypothèse de l’indigestion,

Pour toute personne qui se demande si elle ne cherche pas à réaliser dans sa relation amoureuse le désir œdipien de coucher avec sa mère ou qui interprète sa difficulté à passer ses examens comme une peur de « tuer le père »,

Enfin, pour toute personne qui se pose des questions sur elle et qui pense que la psychanalyse peut lui offrir les réponses,

Ce livre pourrait apporter des éléments certains de réponse…

Quatrième de couverture

Vous vous êtes peut-être un jour adressé à un psy formé à la psychanalyse ou peut-être, du moins, l’avez-vous déjà envisagé…
Ce livre peut vous être utile, à vous, ainsi qu’à tous ceux qui se sont à un moment donné, de près ou de loin, intéressés au monde de la psychanalyse.
À travers les différents témoignages vivants d’enfants de psychanalystes célèbres collectés dans cet ouvrage, vous pourrez avoir un aperçu imagé de ce à quoi peut aboutir une pratique, une pensée, la pensée psychanalytique, lorsqu’elle n’est plus cantonnée au seul divan, mais qu’elle est appliquée, au-delà des patients névrosés, aux enfants des psys, voire à la société entière, présidant à la création de nouvelles normes et d’êtres nouveaux..
Et c’est bien ce que sont nos enfants de psychanalystes et également un peu nous tous, enfants de la psychanalyse, sans que nous n’en ayons parfois même conscience: un pur produit de la pensée, de l’idéologie psychanalytique largement véhiculée par les médias.
À quoi cela peut donc bien ressembler?
C’est ce que vous découvrirez en lisant ce livre auquel vous accorderez une « écoute non flottante » et que vous saurez apprécier avec « neutralité bienveillante ».

Mikkel Borch-Jacobsen – Les patients de Freud (2011) ♥♥♥♥

Livres, Psychanalyse

À l’instar de la plupart des critiques du freudisme, Mikkel Borch-Jacobsen est volontiers assimilé à une sorte de chien de garde des TCC, animé par la haine et la vénalité. Or, à l’instar de ces mêmes critiques du freudisme, notamment de Jacques Van Rillaer et plus récemment de la fameuse Sophie Robert, il s’est préalablement intéressé de près à la discipline et surtout à son histoire. Un rapide survol des quelques documents et interviews disponibles sur le net permet de constater qu’il n’est pas forcément acquis au modèle « psy » anglo-saxon, et loin de manifester une foi aveugle en l’industrie pharmaceutique.

Son dernier petit ouvrage s’attache à synthétiser les véritables parcours d’une trentaine de patients pris en charge par Freud. Cette triste réalité ne colle évidemment pas du tout aux vignettes clinique correspondantes dans les écrits du viennois, des écrits sur lesquels se basent ou reviennent régulièrement de nombreux psychanalystes, aujourd’hui encore. Ces cas cliniques arrangés demeurent ainsi autant de mythes fondateurs d’une discipline qui reste encore considérée « religieusement » comme thérapeutique alors qu’elle repose (et s’entretient) sur des mensonges.

Je reste pour ma part toujours navré de constater à quel point une certaine tolérance s’est installée parallèlement au développement de cette foi dans les différentes sphères de la santé mentale. Ainsi, face à l’évidence, les arguments demeurent inchangés, piégés par l’autorité, par la réciprocité, par la spirale de l’engagement, et totalement superposables à ceux d’Elisabeth Teissier défendant l’astrologie :

Les historiens de la psychanalyse qui ne sont pas acquis à la cause seraient pour la plupart des révisionnistes qui auraient des comptes (plus ou moins conscients) à régler avec la discipline. Leurs travaux ne seraient donc pas valables. L’auteur leur répond :

Demande-t-on au plombier pourquoi il fait de la plomberie ? Il se trouve qu’à force de travailler sur l’histoire de la psychanalyse, j’ai développé une certaine compétence en la matière. Eh bien, cette compétence, je l’exerce, voilà tout. Pour répondre plus précisément à votre question : je n’ai pas commencé à fouiller dans les archives du freudisme parce que je voulais me payer Freud. C’est l’inverse : c’est parce qu’au cours de mes recherches je suis tombé sur des documents et des témoignages qui contredisaient l’histoire officielle de la psychanalyse que je suis progressivement devenu critique à l’égard de la psychanalyse, ce que je n’étais pas au début. Dès lors que je découvrais, à la suite de bien d’autres historiens de la psychanalyse, des choses qui ne rentraient pas dans le cadre de la légende freudienne, je n’allais pas m’asseoir dessus. J’ai partagé le fruit de ces recherches avec le public, comme le ferait n’importe quel chercheur dans un autre domaine. Je trouve ça normal et je n’éprouve aucun besoin de m’en excuser ou de me justifier. Je sais bien qu’on m’accuse depuis longtemps d’être névrotiquement attaché à Freud, mais je laisse dire. Ce genre d’interprétations psychanalytiques me laissent froid.

Pour d’autres, ces falsifications freudiennes sont connues depuis longtemps, mais ça n’enlève rien à la valeur de la psychanalyse. Il s’agit d’un argument qui ne vaut guère mieux que l’éternel « il y a des bons et des mauvais psychanalystes » (le terme psychanalyste pouvant être allègrement remplacé par astrologue ou prêtre pour défendre respectivement ces deux domaines respectifs). Valider soi-même ses théories par la simple observation de ses propres patients constitue déjà en soi une méthode douteuse, mais s’il s’avère que ces fameux cas sont réarrangés pour confirmer ces fameuses théories, la méthode n’est plus douteuse, c’est une escroquerie. La médecine basée sur les preuves est loin d’être parfaite, et peut dévoiler des conflits d’intérêt colossaux, mais ne laisserait certainement pas se développer de telles mystifications de nos jours.

Je ne m’attarderai pas trop sur les diversions habituelles qui sont autant d’idées reçues et très bien relayées, comme quoi la psychanalyse serait la seule approche garante de la liberté, de la singularité du sujet, qu’elle constitue le seul rempart contre l’invasion du dressage TCC et des médicaments empoisonnés, que sans cette psychanalyse nous serons bientôt tous considérés comme malades, à dresser et à médicamenter…
Je rappelle tout d’abord qu’en divisant l’humanité entre névrose et psychose, Freud nous a tous rendus malades, ou du moins bien écartés de la possibilité d’une bonne santé mentale. Par ailleurs, la plupart de ses patients, issus de la bourgeoisie viennoise, étaient médicamentés (morphine, chloral etc.), et pas à petites doses, ce qui n’est évidemment pas précisé dans les vignettes officielles.

Par ailleurs, non seulement la psychanalyse implique l’écoute (comme la plupart des autres courants) mais elle consiste également à faire rentrer les patients dans des cases. Le psychanalyste, comme le comportementaliste, cherchera évidemment à modéliser le cas singulier selon la grille de lecture du « maître » auquel il se réfère (Freud, Jung, Lacan etc.), du moins s’il souhaite vraiment appliquer sa discipline et non improviser totalement. Ce qui caractérise davantage l’approche psychanalytique, c’est l’étape ultérieure : celle de l’irréfutabilité des pseudosciences, à savoir que le cas finira forcément par rentrer dans la case qui lui est destinée, même si cela implique des efforts d’interprétation symbolique ahurissants, et même si l’évolution du patient n’est pas favorable. L’approche des TCC implique de revoir cette modélisation initiale si l’évolution n’est pas favorable, et notamment d’établir une nouvelle analyse fonctionnelle en y intégrant certains éléments qui auraient été omis ou insuffisamment pris en compte dans la précédente, cette analyse fonctionnelle étant évidemment spécifique à chaque patient contrairement à ce qu’on entend.

Je m’arrête là et vous recommande bien entendu la lecture de ce petit livre très instructif.

Présentation de l’ouvrage (Sciences Humaine.com)

Qui étaient les patients de Freud ? (Sciences Humaine.com)

Mikkel Borch-Jacobsen : Que sont devenus les patients de Freud ? (Sciences Humaine.com)

On ne lira plus jamais Freud comme avant… (tobienathan’s Blog)

David Healy – Les médicaments psychiatriques démystifiés (2009) ♥♥♥♥½

Effets secondaires, Livres, Médicaments, Troubles psy

David Healy est psychiatre, historien de la psychiatrie, chercheur en psychopharmacologie, et directeur du North Wales Department of Psychological Medicine, College of Medicine, Cardiff University, Bangor, Royaume-Uni. Il est internationalement connu pour ses recherches et écrits sur les psychotropes.

Ce cher David Healy est également l’une des plus grosses bêtes noires de l’industrie pharmaceutique dont il ne cesse de dénoncer l’influence néfaste sur la médecine. Parmi les principaux acteurs du débat mêlant Prozac® et suicide, il est également de ceux qui dénoncent depuis longtemps les conflits d’intérêts dans les milieux académiques concernés. S’il peut donc être considéré comme l’un des scientifiques les plus indépendants, sa longue croisade semble l’avoir conduit bien loin d’une certaine neutralité, ce qui se ressent inévitablement à la lecture de ce livre.

Il s’agit pourtant d’un ouvrage admirable, parmi les plus intéressants de la dernière décennie, du moins en ce qui concerne la psychiatrie. Tout bon prescripteur de psychotropes devrait l’avoir lu au moins deux fois dans sa vie, sinon davantage, même si cela compensera difficilement l’influence de nos visiteuses préférées. L’auteur nous incite évidemment à relativiser les effets thérapeutiques des psychotropes. Certaines informations sont certes déjà répandues mais gagneraient à l’être davantage : des antidépresseurs à peine plus efficaces que le placebo ou des antipsychotiques atypiques qui ne représentent finalement qu’un progrès limité par rapport aux neuroleptiques classiques, notamment en matière d’effets secondaires, le tout étant camouflé à la perfection par nos laboratoires préférés qui sont trop souvent au centre de la formation continue et pour qui l’enfance troublée constitue un investissement aussi durable que lucratif. David Healy s’appuie judicieusement sur une perspective historique et sur quelques études trop vite oubliées pour appuyer son entreprise de démystification.

Face à une nosographie en perpétuelle évolution, à des maladies dont les limites demeurent floues, et avec une pharmacopée globalement peu spécifique, la prescription en psychiatrie devient un exercice extrêmement complexe, sans parler des variations interindividuelles et les problèmes de sevrage. Ceux-ci, tout comme certains effets secondaires, sont encore trop souvent assimilés à des symptômes de la maladie pour laquelle le médicament est prescrit. S’il faut certainement s’inquiéter d’une tendance à médicaliser les états d’âme, nous ne devons pas oublier qu’il existe encore beaucoup de vrais malades non diagnostiqués et non (ou mal) traités. Il conviendra donc de s’approcher d’une sorte de juste milieu, pile entre diabolisation et idéalisation du médicament, ce qui n’est peut-être pas suffisamment précisé dans ce livre : un médicament n’est ni miraculeux, ni démoniaque, et doit être manipulé avec une pleine conscience de la balance bénéfices/risques. Et par-dessus tout, il apparait primordial de prendre en compte le point de vue du patient et de l’informer au maximum, celui-ci restant le premier concerné par les effets des médicaments.

Extrait sur Google books

Les médicaments psychiatriques démystifiés

David Healy, Traduit par : Monique Debauche

FICHE TECHNIQUE
ISBN : 978-2-8101-0116-0
Date de parution : 11/2009
Format (l x h) : 170 x 240 mm
Référence : 10116
Nombre de pages : 352
Langue de publication : Français
Marque/Éditeur : ELSEVIER

La question de la prescription excessive de médicaments psychiatriques en France comme en Belgique revient de plus en plus fréquemment sur la place publique. Dans ce contexte, cet ouvrage apporte une information sur chaque classe de médicaments à la fois très complète et indépendante de celle fournie par les firmes pharmaceutiques. Il replace la psychopharmacologie dans sa dimension historique, fait le point sur la réalité des connaissances actuelles en matière de psychotropes : leurs effets réels et leurs risques potentiels dans la pratique clinique. Certaines alternatives aux traitements médicamenteux sont également abordées. Adapté au lectorat francophone par une mise en concordance de la dénomination commune internationale des médicaments avec les noms de marques vendus en France, en Suisse, en Belgique et au Canada, cette traduction tient également compte des différences de pratique entre les mondes francophone et anglo-saxon. Il est destiné à la fois aux prescripteurs et aux professionnels qui travaillent avec les personnes prenant des médicaments psychiatriques.

SOMMAIRE

1. Introduction.

I – La gestion des psychoses.

2. Les antipsychotiques. 3. Les effets indésirables des antipsychotiques et leur gestion.

II – La gestion de la dépression.

4. Les antidépresseurs. 5. Les effets indésirables des antidépresseurs.

III – La gestion des troubles bipolaires.

6. La gestion des troubles bipolaires aigus. 7. Les stabilisateurs de l’humeur.

IV – Les médicaments psychiatriques chez les enfants.

8. Les médicaments psychiatriques chez les enfants.

V – La gestion de l’anxiété.

9. Les troubles anxieux. 10. Les benzodiazépines. 11. L’anxiolyse et le système sérotoninergique. 12. Les bêtabloquants et l’anxiété.

VI – La gestion des troubles du sommeil et de l’insomnie.

13. Les troubles du sommeil et l’insomnie. 14. La gestion non pharmacologique de l’insomnie. 15. Les hypnotiques. 16. Les sédatifs.

VII – La gestion des déficits cognitifs.

17. L’amélioration des performances cognitives dans les démences. 18. L’amélioration des performances cognitives et la neuroprotection.

VIII – La gestion des difficultés sexuelles.

19. Les différents types de difficultés sexuelles. 20. Les effets des médicaments sur les différents aspects des fonctions sexuelles.

IX – La gestion de la dépendance et du syndrome de sevrage.

21. La dépendance physique de type 1. 22. La dépendance physique de type 2. 23. La dépendance physique de type 3.

X – Le consentement, l’abus et la responsabilité.

24. Le consentement. 25. L’abus pharmacologique. 26. La responsabilité. XI – Le commerce de la tranquillité. 27. L’industrie éthique. 28. La psychiatrie biaisée par les preuves. 29. La commercialisation des désordres psychiatriques. 30. Des soins de santé à Pharmageddon.

La thérapie d’acceptation et d’engagement

Livres, TCC

Plutôt que de se braquer, de se renfermer sur elle-même face à la critique, la TCC semble évoluer tout en prenant celle-ci en considération. Ainsi la troisième vague dénommée « conceptuelle » n’attaque plus le symptôme de front mais vise à le vaincre par d’autres processus. Au cours de la thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT), l’énergie souvent gaspillée par le patient pour lutter contre ses pensées ou émotions douloureuses est redirigée vers des facteurs d’épanouissement. La distanciation de cette souffrance est paradoxalement facilitée par son acceptation selon des techniques assez similaires à celles de la fameuse « pleine conscience », elle-même inspirée de la méditation. La phase active de la thérapie consiste alors à orienter le comportement vers ses propres valeurs, selon les méthodes d’exposition classiques.

La légitimité de l’ACT est avancée par de multiples études d’efficacité et le SAMHSA (United States Substance Abuse and Mental Health Services Administration) l’a récemment reconnue comme une thérapie empiriquement validée après évaluation par un panel d’experts indépendants. Les deux ouvrages francophones disponibles actuellement sont à recommander autant aux thérapeutes qu’aux patients car fort bien réalisés.

Le magazine ACT

Faire face à la souffrance