Les travers de la zététique

Depuis maintenant plusieurs années, je m’intéresse à la zététique dont la plupart des vulgarisateurs m’ont beaucoup appris, notamment sur YouTube. Je considère que la promotion de la méthode scientifique, du doute cartésien, que la mise en garde contre les biais, sophismes et autres pseudo-sciences sont des démarches d’utilité publique. Je me suis déjà préoccupé de la façon dont certains zététiciens traitent ceux qu’ils nomment les « tenants », ceux qu’ils entendent ramener à la « raison » de manière souvent contreproductive, parfois comme de véritables croisés. Je suis moi-même parti en croisade plusieurs fois contre les défenseurs de la psychanalyse…

Stigmatisation et psychophobie [rappels]

Petits rappels mais chacun d’une grande importance si vous voulez éviter de sombrer dans la stigmatisation ou la psychophobie : 1. « Croyance » ne signifie pas « délire » (aussi surprenante, bizarre, déraisonnable soit-elle). Si c’était le cas, tous les humains seraient délirants. 2. « Délire » ne signifie pas « trouble psychiatrique » (aussi impressionnant soit-il). Un délire pris isolément ne permet en aucun cas de poser un diagnostic psychiatrique. Pour info : des idées délirantes sont retrouvées chez jusqu’à 15% de la population. 3. Avoir un trouble psychiatrique ne signifie pas que l’on est à « médiquer » ou à « interner ». Pour rappel, selon l’OMS, il s’agit…

Cinéma et schizophrénie

Les psychiatres ne cessent de clamer, à juste titre, que les médias stigmatisent les malades mentaux. Si la « diversité » des faits-divers reste encore majoritairement consacrée aux mauvaises nouvelles et aux tragédies, rien n’empêche à priori les œuvres plus ou moins fictionnelles de dresser des portraits positifs ou au moins réalistes de patients atteints de troubles psychiatriques. Une psychiatre texane s’est ainsi penchée sur les films récents (principalement américains et sortis entre 1990 et 2010) dont au moins un personnage présentent les caractéristiques de schizophrénie. Il en ressort que ces malades psychiatriques du cinéma relayent une vision erronée et très caricaturale…

De la dangerosité psychiatrique à la stigmatisation

La Haute Autorité de Santé vient de communiquer son rapport sur la dangerosité psychiatrique, fort de 84 recommandations pour mieux identifier le risque de violence et mieux prévenir les passages à l’acte. D’après leur revue de littérature, les personnes souffrant de troubles mentaux graves sont 4 à 7 fois plus violentes que les autres mais rarement auteurs de violences graves (environ un homicide sur 20). Elles sont également 7 à 17 fois plus souvent victimes de violences que les autres. Quelques facteurs de risques (associés à la violence causée et/ou subie?) sont avancés : les antécédents de violence commise ou…