Souffrance et déni de psychanalys(t)e

Un éminent confrère et Professeur s’est récemment exprimé au sujet de la souffrance des enfants autistes qui lui semble « niée et déniée au fil des polémiques haineuses et ravageuses qui ont eu lieu ces dernières années, et qui ont amené la disqualification que l’on sait du soin psychique, de la psychanalyse et des psychothérapies dans le champ de l’autisme infantile ». Cette énième posture victimaire (pauvres de nous) et démagogique (pauvres enfants), révélatrice de cet incroyable égocentrisme psychanalytique, semble surtout révéler la souffrance de celui qui ne sait plus aborder celle des autres sans avoir préalablement mis en avant la sienne….

Psychanalyse, spiritisme et charlatanisme

Chez les psychanalystes, il y a des modérés, des extrémistes et des illuminés. Les frontières entre ces trois catégories sont parfois si poreuses qu’il devient souvent difficile d’extraire le bon grain du charlatan, y compris chez les médecins et psychologues dont l’étiquette « psychanalyste » se révèle encore rassurante et protectrice auprès du grand public, des professionnels et des instances ordinales (les psychologues n’ont toujours pas d’instance ordinale?). Les œuvres fondatrices de la psychanalyse, à l’instar de la plupart des textes sacrés, ne sont d’aucune utilité à ce niveau puisqu’il est possible de leur faire dire absolument tout et son contraire (c’est…

Évaluer les psychoses avec la COP 13 (2011) ♥½

Les états psychotiques posent aux équipes soignantes et à la société des problèmes de grande ampleur : problème de leur description, de leur compréhension, de leur traitement, de leur évolution, et de l’évaluation des méthodes de soin. Les troubles psychotiques sévères durables nécessitent de longues périodes de soins. Prises dans l’action quotidienne, les équipes de soins ne peuvent que difficilement se faire une idée globale du « point » où en est chaque patient. Afin de mieux connaître le malade, de préciser la clinique, d’enrichir les perspectives de traitement, de procéder à des évaluations, voire de réévaluer le pronostic, les auteurs ont…

Vous avez dit « totalitarisme »?

Il s’agit actuellement du mot-clef le plus en vogue chez les défenseurs de la psychanalyse. Plus ces derniers se sentiront cernés, plus ils le brandiront au sein d’éléments de langage parfaitement calibrés pour l’accueillir. Se proclamer dernier garant d’une certaine forme d’humanisme, de la liberté de choix des « méthodes » ou encore du respect de la singularité du « sujet » revient à se considérer comme le dernier rempart face au totalitarisme, ceci incitant logiquement à considérer toute critique, toute opposition ou tout rejet comme relevant de ce même totalitarisme. Les psychanalystes ont longtemps bénéficié (pour ne pas dire joui) d’une certaine immunité…

Le front anti-DSM

La critique du déjà tristement célèbre DSM-5 reste légitime et nécessaire, notamment en raison des risques liés à l’usage d’un tel outil. Hélas, la critique franchouillarde vire à la diabolisation, un phénomène amplement relayé par les différents médias au détriment des réflexions plus sereines et logiquement au bénéfice d’une certaine désinformation. Les différents manifestes et autres pétitions « anti-DSM » émanent pour la plupart de professionnels se réclamant de la psychanalyse dont les théories ont été abandonnées à partir de la troisième version de ce DSM mais auxquelles la psychiatrie française reste assez attachée. La lecture attentive de ces doléances françaises permet…