Choisir un antidépresseur en 2018

J’ai été très récemment invité à réagir à l’effort de vulgarisation d’un confrère neurologue. Sa conception de la dépression (et des antidépresseurs) est critiquable mais elle a le mérite d’exister et d’être désormais accessible au grand public. Il est bien regrettable que les psychiatres ne s’expriment pas davantage sur leur façon de soigner et c’est dans cette idée que je propose ici ma vision des choses. Elle est assez simpliste car principalement basée sur ma simple expérience et donc toute aussi critiquable. En espérant qu’elle puisse encourager des confrères et collègues à s’exprimer à leur tour au-delà de quelques tweets….

Méditer gratuitement ?

Atteindre régulièrement la « pleine conscience » reste une manière plutôt saine de réduire les effets néfastes du stress et de lutter contre la dépression. Moins saine est la façon dont certains cherchent à rentabiliser cette méthode sans forcément pouvoir garantir la qualité de ce qu’il vendent. Au milieu de ces stages et autres abonnements, il est encore possible de parvenir à méditer gratuitement dans de bonnes conditions. J’ai donc sélectionné quelques liens sérieux vers des séances guidées et gratuites en langue française : Site francophone sur la pleine conscience en psychothérapie : vous trouverez ici du matériel audio fourni par Pierre Philippot de…

Pourquoi suis-je malade Docteur ?

Si établir un diagnostic en psychiatrie s’avère parfois difficile, l’annoncer ne l’est pas moins, notamment car ceci conduit presque inévitablement à aborder des notions de causalité. La recherche scientifique avance, trop pour certains, pas assez pour d’autres, mais il serait encore présomptueux d’affirmer à un patient que l’on sait précisément pourquoi il est malade. Il n’est pas forcément plus judicieux de répondre que l’on ne sait pas, et encore moins d’éviter la question ou de la renvoyer au patient (ex. la réponse est en vous). On ne sait pas tout de cette causalité complexe, mais on ne sait pas rien…

Un marqueur sanguin de vulnérabilité à la dépression

La publication récente des travaux de cette équipe française dans le Journal of Neuroscience me donne l’occasion d’aborder cette découverte capitale. Si ce marqueur d’un « phénotype » dépressif ne signe pas encore la victoire de l’Homme sur la dépression (d’autant plus que l’étude concerne des rongeurs), ce témoin sanguin de vulnérabilité permettra probablement d’anticiper et donc d’améliorer la prise en charge d’une maladie récidivante et très invalidante. Voici le communiqué de presse : Dépression : un marqueur sanguin pour détecter la prédisposition Paris, le 15 septembre 2011. Lorsque des rats sont soumis à un stress intense, seuls ceux présentant une altération…

Antidépresseurs ou engrais pour neurones

Il s’agit dans cette étude des effets de la dépression sur la production des neurones et du rôle des antidépresseurs à ce niveau. Nous savions que la dépression est associée à une perte de ces fameux neurones et nous savions également, grâce à plusieurs études (elles aussi disponibles), que ces médicaments augmentaient la neurogénèse (production de nouveaux neurones) chez l’animal. Encore restait-il à vérifier ce phénomène chez l’Homme et à en comprendre les mécanismes. Les chercheurs ont donc étudié des cellules souches (destinées à se transformer soit en neurones, soit en d’autres types de cellules) d’une région cérébrale particulièrement atteinte…