L’antipsychiatrie, c’est l’obscurantisme.
Un ensemble flou, dangereux et irrationnel.
À partir de là, il est inutile de discuter de ce qu’elle peut remettre en question.
L’antipsychiatrie, c’est l’obscurantisme.
Un ensemble flou, dangereux et irrationnel.
À partir de là, il est inutile de discuter de ce qu’elle peut remettre en question.
Le trouble de la personnalité borderline est souvent présenté comme l’un des diagnostics les plus « valides » de la psychiatrie contemporaine. Cette affirmation est devenue un réflexe défensif : dès qu’une critique surgit, la validité est invoquée comme un argument de clôture.
Or, comme l’a dit Maître Yoda, si l’on t’assure que les psychiatres sont tous d’accord, t’inquiéter tu devras.
Car un consensus affiché peut aussi servir à neutraliser le débat.
Et débat, il y a.
Depuis maintenant plusieurs années, je m’intéresse à la zététique dont la plupart des vulgarisateurs m’ont beaucoup appris, notamment sur YouTube. Je considère que la promotion de la méthode scientifique, du doute cartésien, que la mise en garde contre les biais, sophismes et autres pseudo-sciences sont des démarches d’utilité publique.
Petits rappels mais chacun d’une grande importance si vous voulez éviter de sombrer dans la stigmatisation ou la psychophobie :
Les psychiatres ne cessent de clamer, à juste titre, que les médias stigmatisent les malades mentaux. Si la « diversité » des faits-divers reste encore majoritairement consacrée aux mauvaises nouvelles et aux tragédies, rien n’empêche à priori les œuvres plus ou moins fictionnelles de dresser des portraits positifs ou au moins réalistes de patients atteints de troubles psychiatriques.
Une psychiatre texane s’est ainsi penchée sur les films récents (principalement américains et sortis entre 1990 et 2010) dont au moins un personnage présentent les caractéristiques de schizophrénie. Il en ressort que ces malades psychiatriques du cinéma relayent une vision erronée et très caricaturale de la maladie.
Les amalgames avec d’autres troubles persistent si bien qu’il n’est pas rare de constater chez ces pseudo-schizophrènes des comportements violents pour ne pas dire psychopathiques dignes des tueurs en série, mais également des talents particuliers évoquant le syndrome d’Asperger, ceci jusqu’aux pouvoirs surnaturels, sans parler des personnalités multiples, un phénomène aussi rare que l’alignement de toutes les planètes du système solaire. Pour beaucoup de ces pseudo-schizophrènes, la maladie serait d’origine purement traumatique et la guérison peut survenir, notamment par amour. La grande majorité de ces personnages sont violents, ce que ne seront jamais plus de 90% des vrais schizophrènes. Le cinéma moderne ne semble hélas pas disposé à renoncer à la bonne recette du schizophrène sensationnel et/ou dangereux, et ne contribue que rarement à donner une image positive et/ou réaliste des malades mentaux. L’auteure attribue tout de même des bons points à trois films et trois acteurs : Le Soliste (Jamie Foxx), Some Voices (Daniel Craig) et Canvas (Marcia Gay Harden).
J’ai récapitulé dans ce tableau les données concernant la schizophrénie au cinéma et dans la réalité :
Cinema |
Réalité |
|
| Sexe | 79% d’hommes | 50% |
| Ethnie | 95% de caucasiens | Pas de prédominance |
| Hallucinations auditives | 62% | 50-80% |
| Hallucinations visuelles | 52% | 15% |
| Hétéro-agressivité | 83% | 3-5% (risque X4 en cas d’abus d’alcool ou de drogue) |
| Homicide | 31% | 0,3% (contre 0,02% en population générale) |
| Auto-agressivité | 69% | 20-40% |
| Suicide | 24% | 10-15% |
Owen PR. Portrayals of Schizophrenia by Entertainment Media: A Content Analysis of Contemporary Movies. Psychiatr Serv. 2012 Jul;63(7):655-9.
Fazel S, Gulati G, Linsell L, Geddes JR, Grann M. Schizophrenia and violence: systematic review and meta-analysis. PLoS Med 2009;6(8):e1000120.