Vous reprendrez bien un peu de psychose

Volontiers cher collègue !

Je l’aime particulièrement lorsqu’elle est proclamée par la personne que l’on attendait, lorsque ce mot si cruel résonne sous un tonnerre de silence, lorsque cet argument d’autorité vient tapoter la joue des petits coquins qui croyaient encore l’avoir enterrée.

Viennent ensuite les hochements de tête, rictus, brèves marques d’intérêt puis les anecdotes biographiques plus ou moins revisitées sans le principal intéressé, et enfin les jeux de mots qui peuvent bien tomber à coté, peu importe. Tout, absolument tout, même le silence, signe l’approbation.

La psychose, on la sent, on la ressent, puis on l’avait pressentie.

Essayez de la combattre, de la repousser au-delà des dossiers et de la confraternité, elle reviendra vous hanter.

Essayez de croire à un autre diagnostic en cherchant davantage de spécificité et une meilleure destinée, elle vous rira au nez.

Vous devez savoir qu’à partir du moment où vous commencerez à lutter, la moindre erreur et la première calamité seront pour elle l’occasion de vous pousser à capituler.

Alors autant capituler avec classe, face à l’irréfutable psychose.

Celle qui pourra justifier toutes vos erreurs, et celles de ceux qui vous y ont poussé.

Celle qui pourra ne vous laisser comme seule culpabilité celle de ne pas les avoir écoutés.

Dès lors que vous vous serez agenouillé devant l’Idole, votre mission deviendra moins compliquée. Il vous suffira de l’appeler :

– Allo ? Père Idole ? Je crois que j’ai compris. Ces attitudes que je ne cherchais plus à comprendre, ce sont des attitudes d’écoute. Ces discours qui s’interrompent face à nos regards autoritaires, ce sont des barrages hallucinatoires. Ces comportements impulsifs, dangereux, récalcitrants visent à combler un vide. Et ce vide, c’est un vide psychotique. Quant à l’angoisse qui en découle, elle est psychotique aussi. S’il n’y a pas de délire, c’est qu’il y en a un quelque part. Où, quand, comment, peu importe. Ce qui compte n’est pas le comment mais le pourquoi du comment. Et qui a su voir la psychose, saura voir la cause.

– Oui mon fils, tu es sur la bonne voie. Tu sais au fond de toi que la psychose est à mère.

– Oui mon père. Elle est amère.

2 Comments

  1. Catherine A

    Troublant et magnifique. Tellement juste.

  2. Fête vos je! Rien ne va aux paires…. D homme âge.

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