Ce qui cloche avec la psychiatrie

Les défauts d’un système ne sont jamais mieux pointés que par ceux qui le subissent en bénéficient. Voici le témoignage d’un usager posté hier sur un groupe Facebook que je co-administre. J’y adhère suffisamment pour m’abstenir de toute remarque supplémentaire. Mais que les lecteurs ne s’en privent pas !


1 – Déjà, il a fallu près de trois ans après le début du déclanchement de mes difficultés pour que je voie le moindre psy ou médecin. Youhou, vive la détection rapide des problèmes ! (et encore trois ans, c’est plutôt rapide dans le domaine…)


2- Ce sont davantage mes amis, mes proches, mes profs, les autres patients qui ont contribué à  mon rétablissement que les soignants (en gros hein, il y en a quand même eu quelques-uns de géniaux)


3- Or, l’auto-support est très peu utilisé, voire, il peut faire peur aux soignants (bah oui forcément les patients entre eux ne pensent qu’à s’enfoncer les uns les autres…)


4- Même chose pour le principe d’empowerment, bien souvent, et malheureusement, les décisions concernant la vie, les soins etc. sont décidées pour les patients et non pas par ou avec eux. Il n’y a quasiment aucune reconnaissance de l’expertise que peuvent avoir les patients, ou même qu’ils puissent se connaitre, savoir ce qui peut leur faire du bien…


5- Il y a une certaine omniprésence de la psychanalyse. Je n’y suis pas farouchement opposée, mais les recherches, les pratiques ont évolué et ont montré leur efficacité (notamment : groupe de parole, thérapies comportementales et cognitives, TCD de Linehan, Médiateurs de santé pairs, thérapies brèves…). Je pense qu’il faudrait laisser la liberté à chacun d’avoir le soutien qu’il souhaite, sans qu’une seule façon de faire lui soit « imposée ».


6- Les chambres doubles/triples… Je ne comprends pas l’intérêt d’être passé de dortoirs collectifs à des chambres partagées… Autant passer directement à des chambres individuelles non? Et non je ne pense pas que ça revienne plus cher au final, et non je ne pense pas que ça bloquera des lits plus longtemps… Je pense que si les personnes sont dans des conditions où elles peuvent se reposer correctement, vivre à leur rythme, écouter la musique qu’elles aiment, accueillir des personnes dans leurs chambres en toute intimité, ne pas avoir de crainte quant à la sécurité de leurs affaires et de leur personne… et bah elles restent moins longtemps, et ont moins besoin de revenir, et surtout, ça éviterait les changements de chambres incessants relatifs au fait que les chambres à plusieurs ne puissent être mixtes, que certains patients ne puissent partager la même chambre pour X raisons… et pendant ce temps, les personnes en soutien (soignants, aide soignants, pairs-aidants…) seraient davantage disponibles pour faire autre chose que des changements de chambre…


7- A mon sens, l’hôpital n’amène pas à la réinsertion sociale et n’encourage pas à une continuité dans les soins. Souvent, les personnes hospitalisées se retrouvent enfermées pendant un laps de temps plus ou moins long, puis, quand il y a besoin d’une place et/ou qu’on considère que la personne va « mieux », on la fait sortir, souvent sans préparation, sans savoir ce qui va se passer à l’extérieur, sans travail avec les proches, sans lien avec les partenaires ou lieux d’accueil possibles… La période la plus risquée au niveau du suicide est la sortie d’hospitalisation… Alors ok, pas tout de suite une suppression de l’hôpital… mais une généralisation du séquentiel, de l’hôpital de nuit, une préparation au retour à l’extérieur…


8- L’hôpital n’est pas accueillant selon moi. Dans le meilleur des cas c’est propre et blanc, souvent c’est défraichit, dégradé, moche, pas confortable, neutre, sans recherche pour que les personnes puissent s’y sentir bien le temps de l’hospitalisation ou dans les salles d’attente… Alors les bancs en métal à l’intérieur… Ça se transforme en canapés confortables, les affiches d’information sur les horaires des repas partout.. ça se met dans une zone délimitée consacrée aux informations pratiques… et à la place on met une jolie couleur sur les murs, des tableaux, des murs d’expression, des bibliothèques, des idées de sorties… (et on propose aux patients de participer à la déco, ok ?!)


9- Le tabac: A l’hôpital, c’est zéro alcool. Ok, ça me va (plus ou moins mais je ne vais pas détailler), et le tabac? Sérieusement, on laisse des personnes qui ont une espérance de vie déjà moindre, et qui ont tendance à déprimer, baisser encore leur espérance de vie et déprimer davantage à cause de la cigarette et des effets de manque? Il n’y a pas de possibilité de fournir des nicorettes, de patchs, des cigarettes électroniques? Et puis avec l’argent qui n’est pas dépensé en tabac, les gens peuvent se faire plaisir à l’utiliser pour autre chose non ? (genre bien manger: la bouffe d’hôpital est souvent immonde mais bon, tout le monde est plutôt d’accord là-dessus je pense… quand quelqu’un ne prend plus plaisir à rien, si on retire en plus le plaisir de la nourriture, c’est pas gagné!)


10- Et sérieusement… la « juste distance professionnelle »… A un moment il faut se calmer… Entre une juste distance et un mur de glace/granit… il y a un monde. La juste distance n’empêche pas bienveillance, humour, partage, soutien, intérêt pour l’autre… Après, tout le monde n’a pas forcément la possibilité, l’envie ou autre de laisser son numéro de téléphone, mais déjà, pour un patient avoir l’impression d’être traité comme un humain, et bah ça fait du bien… ne pas être un numéro de chambre c’est important.


11- Les « problèmes » et les « usagers » sont souvent GERES dans l’urgence. Un usager ne se gère pas déjà, il doit être soutenu, accompagné, soigné, écouté, pas géré! Et puis dans l’urgence, la précipitation, quand la personne est au plus mal, que les proches sont perdus, que les professionnels ne sont pas très disponibles, et que le temps manque  on prend rarement les bonnes décisions… Alors oui ça peut prendre davantage de temps  à court terme, mais en fait ça fait gagner un temps fou! Je ne pense pas que quelqu’un aime que l’on prenne des décisions importantes pour lui à sa place, à la va vite… Si on prend du temps pour voir régulièrement quelqu’un, en le connaissant mieux, on peut mieux anticiper, éviter des hospitalisations. On évite que la personne se braque, on permet un lien de confiance qui lui permettra surement de s’adresser plus facilement aux personnes qui la soutienne si elle observait quelque chose chez elle qui allait moins bien…


12- Et ce n’est pas à l’usager d’avoir à s’adapter au système de soin, il doit déjà tenter de vivre avec sa souffrance. C’est le taf des médecins, des psychologues, des pairs-aidants, des éducateurs, des infirmiers, des aide soignants et cie.. Alors oui « on manque de moyens ». Si les efforts étaient concentrés sur : soutenir les personnes dans leur individualité, la patience, la bienveillance, rendre la personne actrice de son accompagnement, elles auraient après moins besoin du soutien de soignants.. . Donc moins d’hospitalisations à répétition, moins d’’épuisement et de sentiment d’impuissance chez les professionnels. Et les patients n’existent pas que dans ces lieux, ils « fonctionnent » à l’extérieur, ils y fonctionnent souvent très bien…


13- La contention, la punition, la « camisole chimique »… l’abus de pouvoir quoi… Je ne comprends pas… A part peut-être se dire qu’on maitrise la situation, et qu’après le patient va être bien soumis. En quoi c’est thérapeutique? En quoi ça donne confiance aux patients dans le système de soin? En quoi ça invite à la parole, à la coopération? Moi je ne vois pas.


14- Les transmissions d’informations… C’est important, seulement… je pense qu’il y a une tendance à s’éterniser sur le cas de certains patients au début de la réunion, et de vouloir finir rapidement donc de survoler les derniers patients « de la liste ». (Mieux vaut être en chambre 1 qu’en chambre 38… ). Et la focalisation sur les patients qui « dérangent », qui « enervent », qui « font du bruit », qui se remarquent, se voient… Les autres : les silencieux, les calmes, les réservés, qui ne font pas de vague… Ils existent pas? Je pense qu’on les oublie souvent dans les transmissions et au quotidien. Autre type de transmissions… Quand changement de psy, quand transfert dans un autre hôpital, etc. Très rare sont les lieux qui prennent connaissance du dossier, de l’historique du patient.
Alors… à part éventuellement le parti pris de « je ne préfère pas dans un premier temps prendre connaissance du dossier du patient, je préfère qu’il se présente comme il le souhaite, et lui demande si ça lui va que je consulte son dossier pour mieux le connaitre, savoir ce qui a pu être fait avant, pour NE PAS reposer comme tous les soignants précédents les mêmes questions à chaque fois. » Parce que oui, c’est rébarbatif de redire la même chose à chaque fois et que des erreurs ou bourdes sont souvent commises sans prise en compte du dossier.


15- La « participation des usagers », les « usagers au centre du dispositif La loi 2002-2 du 2 janvier 2002 prévoit notamment la création d’espaces de parole collectifs pour les usagers qui peuvent amener à des critiques positives ou négatives de leur part, des demandes, des idées… Bizarrement ça se passe rarement, alors quoi? La parole des usagers fait peur, n’a pas de valeur, de toute façon ils ne connaissent pas leurs droits, ils ne parleront pas,ils veulent jamais rien faire, on a déjà essayé des trucs et ça marche jamais? Et bah non, c’est juste obligatoire… A aménager en fonction du lieu, de la problématique des personnes, de leurs envies, mais c’est obligatoire…


16- La sexualité… La loi n°2005-102 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées du 11 février 2005 prévoit entre autre qu’il est interdit d’interdire aux personnes d’avoir une sexualité, même si elles sont hospitalisées. Oui. (On revient un peu à l’idée des chambres individuelles du coup, qui ferment à clef de l’intérieur…). Alors ok, les traitements jouent sur la libido, c’est mieux de ne pas se retrouver avec une patiente enceinte sur les bras… Mais oui, en fonction des lieux, des patients, il faut trouver un moyen que les personnes puissent avoir le même droit à la sexualité que tout le monde… Alors oui ça veut dire en parler et oulala c’est gênant, alors des intervenants extérieurs? Et pourquoi pas laisser plus de perms, et pourquoi pas un studio au sein des structures pour permettre ces moments?


17 – Les « enfants » de moins de 16 ans et les visites… INTERDIT ! Ok, ça peut être choquant d’une façon ou d’une autre de se retrouver au milieu d’un service de psychiatrie adulte… Mais c’est aussi ne pas respecter les droits du patient de l’empêcher de voir ses enfants, ses proches, ses frères et sœurs… Alors ok, pas en plein milieu du service, mais oui, c’est obligatoire (toujours la loi du 11 février 2005 et aussi dans les lois relatives à la protection de l’enfance) de permettre aux patients de pouvoir garder le lien avec leur entourage si cela ne risque pas fortement de mettre quelqu’un en danger… Donc… des tas de possibilités… la base c’est de laisser les personnes se balader dans le parc de l’hôpital… Et, si les chambres étaient individuelles, si il y avait une pièce dédiée aux moments, rencontres, s’il y avait une salle de jeux pour les enfants où les parents hospitalisés et leurs enfants pourraient se retrouver, il y aurait ce problème ? S’il y avait des assistantes maternelles en soutien à la parentalité à un moment où ils se sentent « nuls », si les visites étaient préparées en amont, s’il y avait ces choses, ou d’autres, soyons créatifs, et bah ça éviterait grandement les ruptures familiales, l’isolement des patients, l’incompréhension des proches…

 

21 Comments

  1. Brouwers Jean

    On exige…personnellement en Belgique c’est ce qui est fait. …mais le fonctionnariat prend de plus en plus la place du professionnalisme. ..l horaires c’est l horaires et mon pré carré mon domaine. ..et restons zen. .

  2. AnneV

    Si vous adhérez à tout ça, alors le temps est venu pour vous, soit de monter un cabinet privé, soit un centre de soins avec des méthodes alternatives. Parce que ni les articles – même intéressants – ni les commentaires sur les réseaux sociaux ne changeront quoique ce soit dans les méthodes de la psychiatrie en France.

  3. AnneV

    En commentaire supplémentaire:
    Le scandale en France c’est qu’après 8 ans d’études les psychiatres sont juste bons à prescrire du médicament; et le plus fréquemment du neuroleptique ou un antidépresseur; faisant de la France un des pays les plus consommateurs au monde!

  4. mbaabm

    Tout d abord quand j ai lu le texte, je me suis dit oui elle a tout à fait raison… Après en le relisant je me suis dit: mais qu attendais t elle de son hospitalisation…? Finalement l hôpital n a t il pas jouer son rôle en l aidant à prendre conscience de ses limites, n a t elle pas rejouer la relation qu elle attendait entre ses murs, attachement pour ensuite se libérer et exercer son propre sens critique? Pour finalement presque rejeter les murs qui l ont accueillie en laissant entendre qu elle proposerait mieux….? Ça laisse pensif quand a sa propre expérience parentale si on veut aller plus loin…
    Ce qui me pose encore question c est la place qu elle se donne en laissant le commentaire, qui n en ai pas vraiment une, qu a t elle choisie? L a t elle trouvée?
    Un peu à l instar d un aliéniste et rockologue qui a relevé son texte…….

    1. Les réponses à toutes ces questions figurent clairement et précisément dans le billet, « ce qui me laisse pensif » quant au fait que vous l’ayez lu avec attention. Il est tout à fait intéressant de spéculer quant à ce qui pourrait se jouer « inconsciemment » mais seulement après avoir examiné les faits concrets dans un premier temps. Si vous commencez par zapper l’évidence pour vous précipiter dans le fantasmatique, il ne faut pas s’étonner que çe que vous dénommez « folie » soit projetée sur vous par ceux-là même que vous qualifiez de fous.

  5. mbaabm

    Il ne faut pas vous étonner que lorsque vous proposez au lecteur de ne pas se priver de remarques, il ne s en prive pas ! Ou alors précisez la consigne et vos attentes….
    D autre part difficile de s en tenir aux faits concrets lorsque ceux ci ne sont pas mentionnés dans leur intégralité (dans votre introduction) forcément ça laisse place à toute la part fantasmatique du lecteur. (Est ce volontaire de votre part? Besoin d heures supp?)
    Dans l absolu, j ai soulevé le fait que son discours laissait pensif quand a la place qu elle se donnait, je trouvais surtout intéressant chez elle « son contenant  » (c est à dire sa façon de se situer en qualité d ex patiente entre 2 camps, entre 2 réalités) plutot que « le contenu » qu elle livre et qu on partage… mais ce n est que remarque personnelle….
    Finalement peu de folie dans mes propos même si je partage l idée que notre propre folie ne peut exister qu à travers celle de l autre…
    Vous étiez plutôt  » rock  » ce soir, non ?

    1. Le problème de vos « remarques » se situe plus dans leur forme que dans leur fond (à priori) puisque leur forme rend leur fond totalement opaque. Il serait à mon avis judicieux que vous repreniez à partir de votre premier commentaire pour formuler les choses de façon plus claire et précise plutôt que par des questions floues et détournées. Ca nous évitera de passer par l’étape où vous prétendrez que je les ai mal interprétées. Ca m’évitera aussi à mon tour de spéculer sur vos intentions qui ne sont franchement pas très claires (entre l’anonymat, l’allusions sur les heures supp etc.).
      Pour répondre à ce qui est à peu près palpable dans votre deuxième commentaire, et de mon point de vue, il n’y a pas deux camps ni deux réalités.
      Si vous concevez les rapports entre professionnels et usagers selon deux « camps », vous envisagez forcément ces rapports sous l’angle de l’opposition et d’une injonction à prendre position au sein de l’une de ces deux cases. Selon moi, il n’y a qu’une réalité (certainement pas « deux », ni une bonne et une mauvaise) mais une infinité de manières de concevoir cette réalité.
      Ainsi, la « place » de cet usager n’a rien d’inconfortable ou de surprenant. Ce n’est pas une place d’ex-patiente ni une place d’aspirante soignante. C’est une place d’usager non seulement légitime mais nécessaire.

  6. mbaabm

    Je me permets de repartir de la définition de remarque, puisque c est à celle ci que vous nous conviez. Aussi pour ouvrir le champ des possibles, la remarque peut être générale, préliminaire; désobligeante, fondée, importante, intéressante, judicieuse, juste, pertinente, utile; banale, insignifiante, oiseuse, dénuée d’intérêt, inutile ou curieuse.

    De manière chronologique et pour vous rassurer j ai bien lu le billet de manière attentive.

    Je me permettrais aussi 2 petits parties car comme vous l avez justement soulevé la forme de mon écrit rend son fond opaque.

    Au delà du fait que je partage son point de vue sur les limites du système et donc sur tout ce qu elle a pu justement soulever; son billet a pu amener chez moi l interrogation de la finalité de l hôpital.
    Non dans le sens critique, je me questionnais surtout sur ce que chaque patient attend de son hospitalisation et ce qu il (re)joue durant ce temps. D où ma remarque sur l hôpital, n a t il pas joué son rôle en lui proposant d édifier ses propres limites? Rien de négatif dans le sens où cela aurait permis une meilleure connaissance de soi même, et n est ce pas le premier pas vers une sortie?
    N ayant pas de faits concrets, dans la mesure ou vous avez introduit le billet de la patiente en mettant en avant « les défauts d un système », j ai spéculé aux travers de sa parole sur ce que j aurais pu penser être certaines des raisons de son hospitalisation. Très inconscient de ma part… En même temps en ouvrant le dialogue il ne faut pas m en vouloir de relever ce qui me pose question.
    En ce qui concerne les 2 camps, les 2 réalités, je souhaitais plus souligner une dualité intrinsèque à chacun qu un rapport de force (finalement comment composer avec soi même). La encore je souhaitais aborder la juste place que chacun s accorde, car comme vous le dites il y a une infinité de manière de concevoir cette réalité. Je reste néanmoins un peu septique sur les attentes qu on a en fonction des rôles qu on occupe, mais c est discutable.

    C est la ou vous me permettrez de rejoindre mon dernier point: composer avec soi même et composer avec les autres.
    mes propos paraissaient opaques et je reconnais qu ils l étaient. En ce sens vous me permettrait ce petit encart:
    Je suis arrivée « presque » par hasard sur votre blog. J ai beaucoup aimé le ton que vous employez et votre titre, en tout cas la façon dont vous vous présentez et l accessibilité que vous prônez. Aussi ma part fantasmatique a (encore)pris rapidement le dessus et n a pas pu s empêcher de vouloir vérifier comment vous composez avec l aliéniste et le rockologue, plus l un, plus l autre? La encore me direz vous, je limite les rapports sous l angle de l opposition et d une injonction à prendre position en omettant que chacun peut vivre en harmonie….
    Mais c est surtout l envie d aller à votre rencontre qui m animait. Aussi j ai eu plus confiance en ma nature incisive qu en le fond intéressant de mes propos pour entamer une discussion, du moins provoquer une réponse de votre part.
    Si je peux vous rassurer sur un dernier point, si j associais la folie ce serait en premier lieu à son grain….
    …. J essaierai de ne plus faire de projections personnelles à l avenir sous couvert d anonymat…

  7. AnneV

    @mbaabm : C’est quoi ces commentaires de gros lourd qui veulent rien dire!

    A part ça je suis tout à fait d’accord qu’il n’y a qu’une seule réalité! Et cela pose le problème des soins sous contrainte où des magistrats prennent en considération des certificats médicaux alors que des événements extérieurs donnent tort aux certificats!

  8. AnneV

    @mbaabm Je précise mon propos: on comprend rien à ce que tu écris, c’est lourd. Tu pourrais pas faire des phrases plus courtes, avec un vrai sujet / verbe / complément ? Et surtout ne pas écrire une phrase et son contraire ? C’est à dire faire un effort pour être lisible.

  9. mbaabm

    @AnneV,
    « « Ce que tes aïeux t’ont laissé en héritage, si tu veux le posséder, gagne-le »( Goethe )
    Pour faire plus simple pour vous: « existez par vous même »,
    Je peux faire plus simple encore……….

  10. AnneV

    @baam Ah non tu fais erreur; les commentaires c’est pour discuter! Et lire des lignes incompréhensibles c’est très dérangeant.

  11. AnneV

    @baam Si tu existes par toi-même, pourquoi tu utilises le site pour critiquer, et d’une manière illisible, quelqu’un qui critique la psychiatrie?
    Pour ma part j’aime critiquer la psychiatrie, et en conséquence, je critique les propos critiques envers les personnes qui critiquent la psychiatrie!

  12. Je suis TSA (syndrôme d’Asperger). J’ai passé environ six mois en hôpital psychiatrique. J’ai pu y constater une augmentation de mes comportements « régressifs » : centres d’intérêts plus restreints, répétitifs. Comportements encouragés par le manque de motivation à permettre à la personne d’envisager sa réhabilitation et sa sortie future, ou à proposer des activités ergothérapeutiques constituant une thérapie réelle, ou ne serait-ce qu’un alternative à l’infantilisation constante. Au final, mon anxiété face au contact avec la société réelle a décuplé, jusqu’à ce que l’on m’enferme pour agitation excessive. Du coup j’ai commencé à me taper la tête contre les murs, et là, paf, contention. Donc, je ne pense pas être le seul à dire que l’HP est un endroit, en l’état actuel des choses, déconseillé aux autistes. J’en retire ce qu’on pourrait qualifier de traumatisme. La penser d’y retourner m’angoisse profondément, et je pense que la contrainte serait susceptible de provoquer chez moi des états dissociatifs. Etait-ce le but recherché ?

    1. Madmoonlight

      Je ne pense pas qu’il y ait eu un quelconque but positif recherché de ce que tu décris de ton hospitalisation…
      L’hôpital devrait être un lieu sécure, un lieu pour se protéger de soi-même, pour prendre du temps pour soi, pour réajuster son traitement, pour avoir du soutien lors d’une crise…
      L’hôpital ne devrait pas être traumatisant. Il y a une vraie question autour de la contention, de l’enfermement… c’est simple à mettre en place… mais c’est horrible à vivre pour les patients.
      J’ai pu observé des sortes de comportements régressifs chez moi aussi lors d’hospitalisations… je crois qu’ils sont peut-être en lien avec le fait qu’on me traitais comme une enfant. Mais aussi que l’ennui laissait tellement de place aux angoisses que le seul moyen de les supporter était de les mettre ç distance, de ne pas les avoir en plein dans la face, à gérer comme une adulte, mais laisser les autres s’en occuper comme le ferait peut être un enfant. J’ai un doute sur mon analyse pour information, ça fait un peu trop psychanalyse de comptoir…

  13. Cela doit dépendre des HP, parce que, en 2007, j’ai pu voir mon papa à l’hôpital psy de Bohars, j’avais 14 ans. Par contre, mon frère de 10 ans, ainsi que mes soeurs de 5 et 1 ans, ne pouvaient pas venir. Mon père est resté un mois, interné, pour dépression et alcoolisme.

  14. Suze Araignée

    Par rapport au tabac, je pense surtout que personne n’a à choisir pour autrui à quel moment il ou elle devrait cesser de fumer. Y compris lors d’une hospitalisation.

  15. Je reste perplexe quant au premier commentaire, supposant qu’en mettant le patient dans un univers stérile, en le gavant de médicaments, en créant des angoisses quant au monde extérieur, une rupture familiale éventuelle (j’ai du batailler avec les soignants pour que ma mère puisse venir me voir qui, à l’aise, partaient du postulat totalement gratuite et infondé qu’elle était à la base de mon mal être, ce qui a provoqué un séisme entre nous… Wouaw super les gars heureusement que vous êtes humains et pas encore des robots). Être mis à la disposition des psys qui te convoquent au petit bonheur la chance, bref, oser supposer qu’être mis en état permanent de violence médicale, est finalement un mal pour un bien c’est d’une incroyable violence. Surtout si on ouvre cette façon de voir les choses à d’autres domaines impliquant de la violence et de la soumission. C’est un commentaire très dangereux que de supposer que la violence médicale serait une bonne chose finalement, puisque face à la violence l’individu peut se rebeller et donc prendre la mesure de ses capacités de penser, de critiquer, de se grandir. Non la violence qu’elle soit médicale, institutionnelle ou de personne à personne n’est jamais un tremplin à l’accomplissement de l’individu.

  16. Bonjour,
    Je sais que vous n’avez pas besoin de confirmation, mais à celleux qui se permettent de douter de tout ça, qui remettent en question nos attentes en tant que personnes malades, je confirme tout ce qui est dit dans cet article.
    répéter toujours les mêmes choses (et donc subir de nouveau ce qu’on relate), l’ennui parce qu’il n y a littéralement rien à faire, rien n’est proposé, pas d’activité, rien. Attendre 10 jours avant d’avoir le droit de voir un.e psy4. Donc rester sans traitement ou rester avec un ttt qui nous rend malade. Fumer, ne faire que fumer parce qu’il n y a que ça. être tellement discret qu’on nous oublie littéralement; on oublie également de transmettre nos demandes aux personnes concernées. Ces foutues chambres doubles, on se sent encore moins humain, et plus « chose ».
    Ce que j’attendais de mes « séjours »? Une vraie prise en charge, de l’écoute à travers des entretiens quotidiens, même courts, qu’on prenne en compte mes demandes, mes interrogations, des activités (et n’importe lesquelles, j’aurai fait n’importe quoi). Du chauffage dans les chambres en novembre .
    Et être dans le service adéquat. Se retrouver en alcoologie quand on ne boit pas, mais qu’on prend juste « trop de médicaments », (et devoir assister à des cours de sensibilisation à l’alcool… )
    Et un suivi ensuite, pas juste être relachée dans la nature avec un « on se revoit dans 3 mois pour votre ordonnance »….

    1. Madmoonlight

      Je pense que des confirmations et des propos d' »usagers » appuyant ceux d’autres « usagers » ne font jamais de mal. Je trouve cette confirmation très belle et très touchante, très réelle.

  17. Serec nathalie

    Personnellement je trouve certains passages très pertinent car proche de la réalité

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