Il est devenu courant, dans certains cercles psychiatriques et intellectuels, de s’alarmer d’une « épidémie de traumas ». Un billet publié il y a quelques mois par un psychiatre et un psychologue (tous deux extrêmement respectables) met en garde contre la tentation de tout expliquer par le trauma, dénonçant à juste titre les dérives de certains discours simplistes.
Je partage tout à fait leur agacement face aux raccourcis. Non, tout n’est pas trauma. Non, l’histoire individuelle ne peut être réduite à une grille de lecture unique. Mais en lisant leur critique, je crains que nous ne soyons en train de construire un bon gros « homme de paille » : et oui, à force de pointer les excès d’une minorité de charlatans, on finit par minimiser une réalité statistique et clinique pourtant écrasante…

