Antipsychotiques : plus ou moins extrapyramidaux

Les symptômes extrapyramidaux figurent parmi les effets secondaires les plus invalidants et stigmatisants causés par les neuroleptiques (je leur consacrais d’ailleurs un billet en novembre dernier). Si les neuroleptiques de seconde génération représentent un véritable progrès à ce niveau, ces effets persistent néanmoins et ne doivent pas être négligés.

Une revue de littérature publiée récemment tente de départager ces antipsychotiques de seconde génération en retenant comme principal critère l’utilisation associée des correcteurs antiparkinsoniens. 54 études concernant des patients schizophrènes ont été incluses dans l’analyse. Il en ressort quelques différences, légères mais notables.

Le plus grand pourvoyeur d’effets secondaires extrapyramidaux serait ainsi la rispéridone (RISPERDAL®) tandis que la quétiapine (XEROQUEL®) se révèlerait la molécule la plus épargnante à ce niveau. L’olanzapine (ZYPREXA®) représenterait un profil intermédiaire qui permettrait de départager les neuroleptiques plutôt pourvoyeurs comme l’aripiprazole (ABILIFY ®), et les molécules plutot épargantes comme la clozapine (LEPONEX®). Il ne semble pas que les auteurs de cette méta-analyse soient parvenus à situer l’amisulpride (SOLIAN®) sur ce continuum, probablement car ce neuroleptique (français) n’est pas souvent pris en compte dans les études américaines.

Les antipsychotiques pourraient donc être approximativement classés selon l’intensité croissante de leurs effets secondaires parkinsoniens comme ceci :

quétiapine → clozapine → olanzapine → aripiprazole → risperidone

Il demeure essentiel de rappeler que le parkinsonisme, aussi délètère soit-il ne représente qu’une partie des effets secondaires causés par les neuroleptiques. Le risque de sédation ou de prise de poids, qui pourraient donner lieu à d’autres classements, doivent également être pris en compte par le médecin lorsqu’il est question de prescrire des neuroleptiques.

Rummel-Kluge C, Komossa K, Schwarz S, et al. Second-generation antipsychotic drugs and extrapyramidal side effects: a systematic review and meta-analysis of head-to-head comparisons. Schizophr Bull 2012;38:167–77.

6 Comments

  1. Bon, ça va sembler hors sujet, mais pourtant : svp, on pourrait avoir une petite chronique sur King Krimson ( The Court Of ) ????
    forcément quand je vois la petite image référente , ça me fait quelque chose : c’ est un album ( que j’ai toujours ) et qui , en boucle avec P.Floyd et Génésis , nous faisait passer des soirée de rêves il y a … bien longtemps !!!!
    merci

  2. Un commentaire hors sujet également, mais j’aurais aimé avoir votre avis sur les expériences suivantes :

    Open Dialogue* has created a great stir since its public introduction to the United States two years ago through Robert Whitaker’s book, Anatomy of an Epidemic, and Dan Mackler’s film, “Open Dialogue.” This enthusiasm has been particularly marked in Massachusetts. This is partly due to the presence of Professor Mary Olson of Smith College. Prof. Olson is the only certified trainer of Open Dialogue in the US.

    So why has Open Dialogue gained an almost viral appeal, especially among peers? One reason is the extraordinary outcomes reported in Western Lapland, Finland, by the group of practitioners. During a 20-year period utilizing this approach, the frequency of schizophrenia in that region went from one of the highest in the world to one of the lowest (Seikkula, et al, 2006). These results were achieved by using a community-based, social network approach for young persons experiencing their first psychotic episode. I think, however, more than the treatment aspects, it is the philosophy underlying Open Dialogue, which is most appealing to persons with lived experience. In fact, Dr. Jaakko Seikkula, one of the developers of Open Dialogue, has emphasized that it is a philosophy, not a program.

    power2u.org/articles/fisher/dialogical-recovery-from-monological-medicine.html

    (mettre http://www. devant)

    1. Je ne connais pas trop cette philosophie de l’open dialogue, mais certains de ses principes gagneraient effectivement à davantage imprégner la médecine, notamment ce qu’ils appellent enpowerment et que je ne saurais traduire mot pour mot. Selon moi il s’agit de la capacité d’un patient à s’investir de façon active dans les soins. Il est évident que le modèle médical classique et paternaliste n’est pas le meilleur. Je suis convaincu que les patients sont capables de prendre les bonnes décisions eux-mêmes, voire même de meilleures décisions que leur médecin. Il appartient donc au médecin de faire en sorte que les patients puissent mieux se connaitre eux et leur maladie. Lorsque cela est possible, médecin et patient deviennent des partenaires et j’ai tout de même dans l’idée qu’il vaut mieux travailler à deux que de laisser le médecin seul décisionnaire, aussi compétent soit-il. Il existe évidemment des limites à ce modèle, notamment lorsque le danger est imminent et que le patient ne peut consentir aux soins du fait de ses troubles. Je vous transmets un document par mail.

      1. Il est important, effectivement, d’engager un dialogue avec le patient sur un pied d’égalité (toutes proportions gardées ben entendu) afin que le patient se prenne en charge et se considère comme une personne responsable, sujet et non plus seulement objet des soins. Je pense que trop de médecins considèrent qu’ils détiennent le savoir et que le patient est naïf alors qu’une relation équilibrée serait plus profitable.

        Il y a aussi le rôle des « pairs » qui est pris en compte, notamment aux Etats Unis, et qui est très contesté en France alors qu’il pourrait être très intéressant d’explorer cette voie. Il faudra bien entendu vaincre des réticences, des institutions, mais aussi du personnel et des associations familiales qui considèrent encore trop souvent les patients comme « mineurs ».

        Les études sur le rétablissement après une schizophrénie sont nombreuses au plan mondial, il faudrait que cela soit mieux connu en France. Les déclarations de certains, comme celle d’un dirigeant de l’unafam qui déclarait que la schizophrénie est incurable, seront à contredire et il faudrait aller à contre courant d’une vision exclusievement négative de la maladie. Du chemin à parcourir mais de l’espoir au bout.

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