Techniques de gestion de l’insomnie

Voici quelques techniques comportementales utilisées en thérapie pour lutter contre les problèmes d’insomnie. Il est préférable d’y recourir avec l’assistance d’un professionnel compétent mais l’auto-prescription n’est pas systématiquement contre-indiquée pour autant.

6 réflexions sur “Techniques de gestion de l’insomnie

  1. Avatar de Camille

    Bonjour, grande fan de vos fiches que j’utilise beaucoup avec mes patients, je trouve que celle-ci est une des plus compliqués à comprendre, je ne sais pas si c’est l’organisation par colonne ou la dénomination de certaines catégories. J’en profite pour vous dire un grand merci pour tout votre travail!

  2. Avatar de sensationallybarbariane91fb221eb

    Insomniaque cyclique depuis… toujours.

    A savoir que (couche-tôt) je vais dormir de 21 h jusqu’à 3/4 heures du matin sur une durée de 3/4 nuits, puis rattraper jusqu’à 5/6 heures les deux nuits suivantes.

    L’évolution, depuis une vingtaine d’années (j’ai 65 ans), c’est que je ne fais pratiquement plus de nuits blanches.

    Ma technique en cas de réveil au coeur de la nuit, assorti de crises d’angoisse : je donne de la lumière, j’ouvre mes volets, je respire un grand bol d’air et je sors m’asseoir dehors (j’ai un jardinet)… contempler les étoiles qui sont pour moi un point fixe à quoi me raccrocher en cas d’angoisses nocturnes. Moyennant quoi, je me rendors ensuite.

    La mélatonine m’est d’un grand secours. Je ne prends jamais de somnifères, je ne les supporte pas.

  3. Avatar de Kamal

    L’infographie proposée par Sylvain Dagneaux dans l’ouvrage Prendre en charge l’insomnie par les TCC, publié aux éditions Dunod en 2016, présente une vue d’ensemble des principales techniques cognitivo-comportementales (TCC) utilisées dans la prise en charge de l’insomnie. Elle s’appuie sur une idée centrale selon laquelle l’insomnie ne se réduit pas à un simple manque de sommeil, mais résulte :

    de mauvaises associations entre le lit, l’éveil, le plaisir et le temps passé au lit, autrement dit d’associations devenues dysfonctionnelles.

    Dans cette perspective, les techniques proposées visent à :

    restaurer une relation fonctionnelle entre le lit et le sommeil.

    L’objectif principal est d’améliorer l’efficience (efficacité) du sommeil, entendue comme :

    le rapport entre le temps effectivement dormi et le temps passé au lit.

    À partir de cette logique générale, l’infographie distingue deux grandes familles d’interventions :

    • le contrôle du stimulus,
    • et la restriction du temps passé au lit.

    Ces deux approches poursuivent un objectif commun — mieux dormir — mais mobilisent des mécanismes différents.

    • Le contrôle du stimulus repose sur l’idée que le lit doit redevenir un signal clair et univoque de sommeil, et non être associé à l’éveil, à l’angoisse ou à l’ennui. Deux déclinaisons de cette technique sont proposées.
      • La première, centrée sur le sommeil, vise à associer strictement le lit au fait de dormir. Lorsque l’éveil au lit dépasse trente minutes, la personne est invitée à sortir du lit et de la chambre afin de pratiquer une activité calme, puis à ne retourner se coucher que lorsque la somnolence réapparaît. Cette stratégie permet de limiter l’augmentation du niveau d’éveil au lit, mais elle peut se révéler contraignante et parfois renforcer la crainte du lit par évitement.
      • La seconde déclinaison du contrôle du stimulus met davantage l’accent sur le plaisir. L’objectif est alors d’associer le lit à une expérience agréable, même en cas d’insomnie. Le temps d’éveil nocturne est remplacé par une activité plaisante, au lit ou en dehors, afin de mieux vivre l’insomnie. Cette approche offre une plus grande liberté d’action et rend les nuits subjectivement plus satisfaisantes, mais elle comporte le risque d’augmenter l’éveil si l’activité choisie est trop stimulante.
    • La seconde grande catégorie d’interventions est celle de la restriction du temps passé au lit, qui agit plus directement sur la régulation biologique du sommeil. Elle repose sur le principe que le fait de passer trop de temps au lit sans dormir entretient l’insomnie.
      • Une première modalité consiste à réduire volontairement le temps passé au lit afin de provoquer une dette de sommeil. Concrètement, cela implique de retarder l’heure du coucher, de se lever à une heure fixe et régulière, de supprimer les siestes et d’augmenter progressivement le temps passé au lit une fois le sommeil consolidé. Cette méthode permet une augmentation rapide de la pression de sommeil, mais elle est contraignante et peu respectueuse des rythmes biologiques individuels.
      • Une version plus souple de cette approche vise plutôt à ajuster le temps passé au lit au besoin réel de sommeil, sans chercher à provoquer une privation. Les heures de coucher et de lever sont maintenues à horaires fixes, y compris le week-end, et l’heure de lever est conservée même en cas de coucher tardif. Cette stratégie est présentée comme plus respectueuse de l’horloge biologique et moins contraignante, bien que l’augmentation de la pression de sommeil y soit plus lente.

    En définitive, ce tableau met en évidence que :

    La prise en charge de l’insomnie par les TCC repose sur un équilibre entre discipline comportementale, respect du fonctionnement biologique et prise en compte du vécu subjectif du patient.

    Chaque technique présente des avantages et des limites, soulignant ainsi l’importance d’une adaptation individualisée plutôt que d’une application rigide des règles thérapeutiques.

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