Un meilleur antidépresseur ?

Au vu de l’enjeu que représente aujourd’hui le traitement de la dépression, et notamment des dizaines, voire des centaines de millions de personnes traités par antidépresseurs dans le monde, il n’est pas surprenant de voir régulièrement fleurir des revues comparatives. La plus célèbre de ces récentes publications, surnommé MANGA et réalisée à partir de 117 études comparatives (essais randomisés contrôlés) en 2009 désignait l’escitalopram et la sertraline comme offrant le meilleur rapport efficacité/tolérance. Massivement promue par les laboratoires concernés, oubliée par les autres, cette revue est aujourd’hui remise en question par une autre qui semble plus complète et fiable sans pourtant figurer dans une revue aussi prestigieuse que le Lancet.

Le nombre d’études incluses s’élève cette fois à 234 et donne lieu à des comparaisons directes et indirectes (donc moins fiables) entre antidépresseurs de seconde génération, à savoir les ISRS, les IRSNA, et à peu tous ceux ce qui ne sont ni tricycliques, ni IMAO. Les résultats sont aussi décevants que finalement rassurants : aucune différence n’est retrouvée en ce qui concerne leur efficacité, et ce quelque soit le type de dépression, les comorbidités, l’âge, le sexe ou encore l’ethnie des patients.

Quelques disparités apparaissent en revanche au second plan, notamment en ce qui concerne les effets secondaires :

  • La mirtazapine agit plus rapidement, mais fait également prendre plus de poids
  • Le bupropion provoque moins d’effets secondaires sexuels
  • La paroxétine entraîne davantage d’effets secondaires sexuels
  • La sertraline provoque plus de diarrhée
  • La trazodone entraîne davantage de somnolence
  • La venlafaxine provoque plus de nausées et de vomissements

 Le choix d’un antidépresseur de seconde génération devrait donc à priori se réaliser en tenant compte de ces derniers éléments plutôt que selon des préjugés au sujet de l’efficacité.

Gartlehner G and al. Comparative Benefits and Harms of Second-Generation Antidepressants for Treating Major Depressive Disorder: An Updated Meta-analysis. Ann Intern Med. 2011 Dec 6;155(11):772-85.

New meta-analysis shows no substantial differences between second generation antidepressants for depression

 En guise de rappel :

  • Bupropion : ZYBAN®
  • Escitalopram : SEROPLEX®
  • Mirtazapine : NORSET®
  • Paroxétine : DEROXAT®
  • Sertraline : ZOLOFT®
  • Trazodone : non commercialisée en France
  • Venlafaxine : EFFEXOR®

5 Comments

  1. Je ne savais pas que le Bupropion était utilisé comme anti-dépresseur . Et l’Agomélatine ? Que faut-il en penser ?

  2. tous les antidépresseurs,et autres calmants,…..anxiolitques,neuroleptiques,antipsychotiques, hypnotiques,
    sont de véritables poisons qui ramolissent et dégradent irrémédiablement les neurones
    je vous demande messieurs les psychiatres et autres toubibs de suivre un traitement sur 15 jours de ces drogues poisons ,essayez également des neuroleptiques aux doses que vous prescrivez aux personnes en difficultés
    vous comprendrez les graves séquelles que cela occasionne.(à vie)
    il existe des remèdes naturels tel que millepertuis (mildac 300 3/4 comprimés jours , pour ainsi dire aucune contre indication , cet extrait de plante peut être consommé pendant plusieurs mois
    Il faut savoir que la grande majorité des personnes qui se suicident sont sous antidépresseurs ; ce médoc dangereux enléve la peur de la mort, la peur de passer à l’acte….
    Les benzodiazépines développent des addictions ; alcool tabac drogue dure ou douce qui ;mélangées aux tranquilisant en général amènent au RAPTUS SUICIDAIRE et cela les psychiatres le savent ; alors pourquoi vous obstinez vous à travailler de la sorte et tuer de pauvres gens ainsi que leurs familles et proches

    michel prévidi

    1. Un blog psychiatrique n’en est pas vraiment un si Michel Prévidi n’y a pas laissé une trace.
      Voilà qui est fait.
      Je reste pour ma part persuadé que la psychiatrie a heureusement sauvé beaucoup plus de gens qu’elle n’en a tués avec les effets secondaires des médicaments.

    2. L’acte médical consiste toujours à choisir la solution la moins pire pour nos patients . Je pense pouvoir dire que les psychotropes ont sauvé plus de vies que l’inverse . Mes deux derniers suicides étaient sous Millepertuis (Prosoft et Mildac) . Ras le bol de cette attitude bobo qui consiste à clamer à tout vent que les thérapeutiques naturelles sont sans danger . La nature contient des milliers de substances capables de nous annihiler , soit par effet toxique , soit par inefficacité

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