vieux artistes COUNTRY

« Country music is the people’s music. It just speaks about real life and about truth and it tells things how they really are. » (Faith Hill)

Tout comme le blues et le jazz, la musique country nait et évolue au gré des brassages initiés dans le sud des États-Unis. Son terreau le plus fertile reste le massif montagneux des Appalaches investit par des colons originaires des îles britanniques vers la fin du XVIIIème siècle. Isolés pendant près d’un siècle, ces derniers ont l’occasion de faire évoluer la musique folklorique anglo-saxonne selon leur nouveau mode de vie rythmé par la chasse, la pêche et les offices religieux. Les paroles des ballades traditionnelles celtiques et des chants protestants s’adaptent, les mélodies se simplifient parfois mais restent souvent associées au violon. Parfaitement compatible avec l’itinérance des colons, cet instrument présente l’avantage de s’adapter aussi bien aux complaintes qu’aux élans plus dansants et réjouissants. L’exploitation grandissante du charbon finit par ouvrir les Appalaches à la civilisation et à un véritable brassage culturel et instrumental. Les afro-américains qui fuient leurs conditions arrivent avec des guitares (auparavant importées par les colons hispaniques du Mexique) mais également avec des banjos (d’origine africaine) qui seront rapidement intégrés à la musique locale. Une nouvelle vague d’immigration européenne apporte la mandoline italienne et le folklore d’Europe centrale : le dulcimer allemand, les valses, la polka, le yodel des Alpes. À ceci s’ajoute la très attrayante musique hawaïenne avec cette nouvelle façon d’utiliser la guitare des hispaniques qui se joue à plat sur les genoux en faisant glisser un tube en métal sur les cordes. C’est ainsi que naissent de petits orchestres à cordes (string bands) axés tantôt sur des performances instrumentales tantôt sur le soutien de chanteurs qui commencent à s’exporter au delà des montagnes. Cette vieille musique country (old timey) se répand rapidement sur les plaines du sud des États-Unis grâce aux différents spectacles itinérants (tent-shows, medecine-shows, vaudeville etc.) et sur les ondes radio sous l’appellation péjorative de musique de péquenots (hillbilly music). L’augmentation du niveau de vie et des ventes de phonographes après la première guerre mondiale conduit les maisons de disques du Nord à exploiter cette musique prometteuse au début des années vingt. Les premières grandes stars à émerger son le yodeleur Jimmie Rodgers et la « première famille de la musique country » : les Carter. La célèbre émission radio du Grand Ole Opry, qui lancera de nombreux artiste du genre, devient progressivement une véritable institution à l’échelle nationale.

Parallèlement, certains colons de l’Ouest américain (Far West) se mettent également à chanter sur des airs traditionnels issus des îles britanniques. L’image héroïco-romantique du cowboy solitaire, dont les récits sont volontiers romancés par les journalistes, sera popularisée bien au-delà des États-Unis, notamment grâce à l’industrie cinématographique hollywoodienne naissante. Ces cowboys chantants, parmi lesquels le plus célèbre reste Gene Autry, ne sont ni de grands musiciens, ni de grands vocalistes, ni de grands acteurs mais bénéficieront d’un succès considérable avec la musique western.

Au Texas, les cowboys chantants, le hillbilly et les string bands s’imposent plus difficilement auprès d’un public très amateur de blues et des big bands de la Nouvelle Orléans, ceci jusqu’à ce qu’une fusion singulière y voit le jour dans les années trente. Certains artistes country étoffent alors leurs orchestres avec des cuivres, accentuent les aspects rythmiques d’une musique sur laquelle ils n’hésitent désormais plus à improviser. Cette nouvelle musique est qualifiée d’impure et de trop appuyée par les traditionnalistes du Grand Ole Opry qui refuseront notamment que le batteur de Bob Wills apparaisse sur scène. Ceci n’empêchera pas ce dernier et ses Texas Playboys, tout comme Milton Brown de connaître un grand succès avec le western swing. À l’instar des ensembles de jazz, ces orchestres assez encombrants se restreignent progressivement avec le temps et l’urbanisation jusqu’à un format plus compact et plus adapté aux bars plus ou moins miteux. De nouveaux chanteurs osent aborder des thèmes plus sombres et parfois immoraux à travers une musique country plus simple, directe et appuyée, le tout en tirant parti de l’électrisation des guitares. Parfaitement représenté par Hank Williams et son destin tragique, le honky tonk s’impose rapidement comme la forme la plus emblématique de musique country, et la plus populaire jusqu’à l’arrivée du rockabilly. Parallèlement, un style plus réactionnaire se développe sous l’impulsion du mandoliniste Bill Monroe visant à redonner ses lettres de noblesse aux performances instrumentales initiées dans les Appalaches. Lui et ses Blue Grass Boys auxquels se greffera le célèbre banjoïste Earl Scruggs jouent une musique rapide, entrainante, surplombée d’harmonies vocales vives, limpides et sur laquelle les solistes, tels de véritables virtuoses, se succèdent à la manière des musiciens de jazz. Cette version modernisée, fringante et rigoureuse des vieux string bands appelée bluegrass constitue alors une alternative idéale au honky tonk, ce qui ne l’empêchera pas de tomber en désuétude avec l’arrivée des courants plus éléctrifiés.

Dans les années cinquante, certains chanteurs de musique country se laisse imprégner par l’exubérance très cadencée du rythm & blues afro-américain pour donner naissance au rockabilly qui devient rapidement la forme la plus populaire du nouveau rock ‘n’ roll. La maison de disques Sun Records, basée à Memphis dans le Tennessee en restera le repère originel et l’incontournable Elvis Presley son plus grand symbole. À coté de cette explosion aussi révolutionnaire que finalement éphémère, le Nashville sound est à l’origine d’une nouvelle branche de musique country plus soignée, plus accommodante visant à conquérir un public urbain plus vaste, amateur des grands crooners et du jazz le plus complaisant. Initié par le guitariste Chet Atkins et ses multiples talents, ce mouvement s’étend grâce à des vocalistes tels que Eddy Arnold ou Patsy Cline. Leurs chansons conciliantes et sophistiquées, volontiers soutenues par des orchestres à cordes ou des chorales, transforment la country en une véritable musique populaire et urbaine : le countrypolitan. Cette évolution vers la complaisance finit par susciter l’émergence d’artistes plus marginaux qui ne s’y reconnaissent pas et refusent ces nouvelles conventions, à commencer par ceux du Bakersfield sound en Californie parmi lesquels Merle Haggard. Ultérieurement, le mouvement outlaw est incarné par les deux grandes figures que sont Waylon Jennings et Willie Nelson. Ils se désolidarisent de cette véritable industrie qu’est devenue la musique country pour exprimer leur liberté artistique à travers des maisons de disques indépendantes. Ceci n’empêche pas le courant le plus accommodant de continuer à prospérer à travers la vague urban cowboy dans les années quatrevingt, désignée d’après le film du même nom, ceci avant qu’une nouvelle réaction traditionnaliste ne se produise à l’aube de la décennie suivante…


Roy Acuff (1903-1992)

Initialement destiné à une carrière de sportif, Roy Acuff se tourne vers le violon puis le chant avant de s’imposer comme la vedette emblématique du Grand Ole Opry. Véritable successeur de Jimmie Rodgers en matière de popularité, celui qui sera sacré roi de la musique country enchaine les succès dans les années quarante et brille par son professionnalisme en créant une compagnie d’édition. Son chant rustique est accompagné sobrement au dobro, au violon ou à l’harmonica, le tout au service de mélodies élémentaires et efficaces.


Chet Atkins (1924-2001)

Trop souvent réduit à ses innombrables petites pièces instrumentales bien ficelées pour l’ascenseur, le guitariste virtuose Chester Atkins demeure l’un des principaux instigateurs du son très soigné et accommodant de Nashville qui fait atteindre à la musique country des niveaux de popularité inédits dans les années soixante. Grâce à ses multiples casquettes (musicien de studio, producteur, manager, concepteur de guitares, découvreur de talents etc.), son influence gigantesque imprègne profondément l’histoire de la country.


Gene Autry (1907-1998)

Entre les années trente et cinquante, le plus illustre des cowboys chantants, pionnier des artistes touche-à-tout, reste l’une des plus grandes attractions des États-Unis et le plus gros vendeur de musique country & western. Ses centaines de chansons, de films et ses émissions de télévision établissent le mythe du cowboy-héro, brave, solitaire et désintéressé qui imprégnera profondément les valeurs de l’Amérique tout comme il constituera une sorte de vitrine du pays pour les étrangers.

 


Dock Boggs (1898-1971)

Parmi les premiers artistes hillbilly à être enregistrés, Dock Boggs se révèle un banjoïste singulier dont le style reflète un véritable métissage. Son répertoire est aussi bien constitué de ballades folk traditionnelles et de chants religieux que de musique afro-américaine apprise auprès des bluesmen qu’il côtoie. Entre son travail à la mine, sa femme malade et réticente ainsi que la grande dépression, il peine à rentabiliser sa carrière avant que les reviviscences des années soixante ne le sortent de l’oubli.

 


Milton Brown (1903-1936)

L’ancien vendeur de cigares s’associe un temps avec l’autre père du western swing (Bob Wills) pour donner un aspect plus dansant et jazzy au répertoire naissant de la musique country. Il brille encore davantage avec ses Musical Brownies qui restent les premiers du genre à incorporer la guitare électrique en 1934. Alors que sa formation rivalise avec les Texas Playboys de Bob Wills, Milton Brown est victime d’un accident de voiture en 1936 auquel il ne survivra pas.

 


Fiddlin’ John Carson (1868-1949)

Après avoir travaillé dans les usines de coton de la région, John Carson se fait connaitre en chantant ses chansons dans les rues d’Atlanta, accompagné de son violon. Les relations de l’un de ses admirateurs, un marchand de meubles, lui permet de devenir l’un des premiers artistes de musique country à être enregistré en 1923 à 55 ans. Malgré une belle carrière de dix ans et plus d’une centaine de chansons écrites, il n’obtiendra seulement les droits de neuf d’entre elles et finira comme modeste liftier.

 


The Carter Family (1926-1943)

En réarrangeant le vieux folk britannique et la musique des Appalaches au profit d’harmonies vocales inspirées du gospel blanc, le trio familial édifie l’un des deux premiers grands piliers de la musique country. Les vocalises collectives simples et limpides, tout comme le jeu de guitare rythmique alternant la basse mélodique au pouce et les grattages demeureront des éléments fondamentaux du genre. Malgré un succès relativement modeste et un divorce, le trio poursuivra son activité et s’étoffera avec la nouvelle génération familiale.


Johnny Cash (1932-2003)

L’homme en noir émerge chez Sun Records avec un rockabilly très « ferrouté » dans les années cinquante pour devenir progressivement l’une des plus importantes figures de la musique country dans la deuxième moitié du vingtième siècle. Son approche directe et minimaliste, marquée par cet imposant baryton, s’orientera tantôt vers le gospel, tantôt vers le folk, puis vers le rock à la fin de sa carrière mais il ne cessera d’en revenir à une country plus ou moins traditionnelle selon les époques.

 


Patsy Cline (1932-1963)

Après un début de carrière axé sur le honky tonk et le rockabilly, Patsy Cline se distingue grâce au son plus accommodant de Nashville. Ses vocalises délicates et majestueuses, magnifiées par des ensembles de cordes et les chœurs des Jordanaires, séduiront bien au-delà de l’auditoire habituel de la musique country. Son décès prématuré dans un accident d’avion à trente ans ne l’empêchera pas d’influencer la plupart des chanteuses américaines qui suivront.

 


The Country Gentlemen (1957)

Le groupe organisé autour du guitariste Charlie Waller reste parmi les premiers à avoir tenté de moderniser le bluegrass en y adaptant des chansons folk et de musique country contemporaine, ceci jusqu’à attirer un large public dans les années soixante. Aussi à l’aise dans le répertoire traditionnel que dans les reprises de Bob Dylan, les Country Gentlemen survivront à de multiples changements de personnel et même au décès de Waller en 2004 qui sera remplacé par son fils Randy.

 


Kitty Wells (1918-2012)

Première femme à atteindre le sommet du classement country en 1952, Muriel Deason devient également la première grande vedette féminine d’un genre dont elle restera considérée comme la reine. Son honky tonk décomplexé et « préféministe » connait un succès massif et constant durant les années cinquante, puis ouvre progressivement la voie aux œuvres de Loretta Lynn et Tammy Wynette à qui elle semble passer le relai durant les décennies suivantes.

 


The Delmore Brothers (1926-1952)

Ce duo fraternel connait son plus grand succès dans les années trente grâce à des compositions et des harmonies vocales imprégnées de gospel et du folk des Appalaches qui font fureur au Grand Ole Opry. Durant la décennie suivante, ils innovent en incorporant blues, boogie et soli de guitare à leur musique country, ce qui les place parmi les premiers précurseurs blancs du rock ‘n’ roll. Leur « hillbilly boogie » ne survivra d’ailleurs pas à l’explosion du rockabilly, ni au décès de l’un des frères en 1952.


Flatt & Scruggs (1948-1969)

Initialement rassemblés au sein des Blue Grass Boys de Bill Monroe, le guitariste chanteur Lester Flatt et le banjoïste Earl Scruggs ne tardent pas à former les Foggy Mountain Boys pour devenir les plus talentueux ambassadeurs du bluegrass. Ils élèvent le style jusqu’à des niveaux inouïs de technicité, de vélocité, de virtuosité tout comme ils parviennent à le populariser auprès d’une nouvelle génération de mélomanes avide de reviviscences folkloriques.

 


Lefty Frizzell (1928-1975)

Deuxième grande figure du honky tonk avec Hank Williams, William Orville Frizzell, surnommé « Lefty » suite à une bagarre d’école, marque profondément la musique country d’après-guerre  Ses vocalises moelleuses, volontiers nasillardes et son phrasé coulant influenceront la plupart des chanteurs qui suivront, y compris certains rockeurs comme Roy Orbison. Il parvient également à survivre à l’éclosion du rockabilly mais succombera aux complications de son alcoolisme dans les années soixante-dix.

 


Merle Haggard (1937)

Bien lancé dans une carrière de délinquant dès sa jeunesse, Merle Haggard bifurque vers la musique country après avoir été repéré par Lefty Frizzell. Il s’impose durant les années soixante comme l’un des plus grands ambassadeurs de la scène de Bakersfield avec des chansons plus directes et revêches que celles du style de Nashville, ceci avant de devenir l’un des chefs de file du mouvement Outlaw pendant la décennie suivante. Son œuvre reste parmi les plus fournies et consistantes du genre.

 


Johnny Horton (1925-1960)

Après un début de carrière assez laborieux, Johnny Horton parvient à se distinguer en se positionnant à mi-chemin entre honky tonk et rockabilly au milieu des années cinquante. Il connait ses plus grands succès grâce à une série d’épopées folkloriques relatant de façon parfois cocasse quelques grands moments de l’histoire des États-Unis. Au sommet de sa gloire et au volant de sa Cadillac, il heurte de plein fouet un camion qui arrive en sens inverse sur un pont et n’y survivra pas.

 


George Jones (1931)

George Jones possède sans conteste l’une des plus belles voix masculines de l’histoire de la musique country. Il met à profit cet organe pendant plusieurs décennies à travers des centaines de ballades sentimentales, seul ou en duo avec sa femme Tammy Wynette. Malgré un alcoolisme très prononcé qui l’éloigne régulièrement de la scène pour des désintoxications, il regagne systématiquement les premières places du classement avec ses chansons romantiques et accommodantes.

 


Grandpa Jones (1913-1998)

Surnommé « Grandpa » dès sa jeunesse en raison de sa mauvaise humeur matinale, Louis Jones se fait connaitre grâce à ses interprétations bourrues et espiègles de chansons traditionnelles et ses reprises de Jimmie Rogers. Il popularise le banjo et contribue notamment à l’établir comme un instrument essentiel de la musique country pendant les années trente. Sa participation à une émission télévisée en tant qu’attraction cocasse lui permet de relancer sa carrière vers la fin des années soixante.

 


The Louvin Brothers (1940-1963)

Inspirés par les harmonies vocales familiales des années trente, notamment celles des frères Delmore, Monroe et de la famille Carter, Ira et Charlie Loudermilk forment le plus brillante des paires de chanteurs de la décennie suivante. Cette combinaison subtile de ténors, aussi resplendissante à travers la solennité du gospel qu’à travers un hillbilly plus remuant, influencera fortement celle des célèbres frères Everly qui influencera à son tour énormément les vocalises des Beatles.

 


Loretta Lynn (1932)

Si « la première dame de la musique country » émerge à travers un honky tonk assez traditionnel dans les années soixante, ses chansons restent parmi les premières du genre à véhiculer des positions féministes. Quelques-unes d’entre elles susciteront la controverse voire la censure d’un milieu très conservateur mais ceci n’empêchera pas Loretta Lynn de s’imposer sur la scène de Nashville seule ou en duo avec Conway Twitty jusqu’à devenir l’une des artistes les plus populaires de sa génération aux États-Unis.

 


Uncle Dave Macon (1870-1952)

Le « Dixie Dewdrop » fait partie de ces artistes issus du folklore très métissé des États-Unis qui donnent naissance à la musique country dans les années vingt. Sa carrière décolle réellement autour de ses cinquante ans dans les vaudeville du sud avant qu’il ne devienne l’une des premières grandes star du Grand Ole Opry quelques années plus tard. Ses performances très enjouées et son style très éclectique au banjo le hissent parmi les plus mémorables des « grands-pères » country.

 


Jim & Jesse (1945-2002)

Les frères McReynolds proposent un bluegrass délicat, principalement axé sur leurs harmonies vocales et la mandoline de Jesse, qui constitue une alternative aux élans plus athlétiques de Flatt & Scruggs. Leurs plus grands succès surviennent dans les années soixante, au milieu d’une carrière marquée par une admirable capacité d’adaptation aux évolution de la musique country. Ils joueront ensemble pendant plus de cinquante ans avant qu’un cancer n’emporte Jim en 2002.

 

 


The Monroe Brothers (1932-1938)

Un temps parrainés par une marque de laxatifs, les deux frères ne tardent pas à se distinguer des nombreux duos de l’époque grâce à un style véloce mêlant efficacement harmonies vocales et performances instrumentales. Ces chants traditionnels et religieux survitaminés, précurseurs du bluegrass, sont notamment caractérisés par l’utilisation novatrice de la mandoline par Bill comme un instrument soliste. Initialement trio, le duo se sépare en 1938 laissant la place aux Blue Grass Boys de Bill et aux Kentucky Pardners de Charlie.


Bill Monroe (1911-1996)

Le père fondateur du bluegrass en établit les principales caractéristiques dans les années quarante. Durant sa longue carrière, le mandoliniste demeure le plus grand représentant de ce style axé sur la vélocité, la virtuosité instrumentale et les harmonies vocales, une alternative à la simplification globale de la musique country. Ses Blue Grass Boys constituent par ailleurs une rampe de lancement pour la plupart des artistes majeurs de la discipline, notamment Flatt & Scruggs.

 


Dolly Parton (1946)

Derrière cette image de blonde superficielle et cette voix juvénile émerge progressivement l’un des plus grands talents de l’histoire de la musique country. Lancée par ses duos avec Porter Wagoner, Dolly Parton ne tarde pas à briller en solo grâce à des compositions exceptionnelles imprégnées de folk au début des années soixante-dix. Une évolution vers davantage de complaisance et de sophistication lui permettra de toucher un public de plus en plus large durant la décennie suivante.

 


Tammy Wynette (1942-1998)

Virginia Wynette Pugh se lance sur scène dans le but de payer les frais médicaux de l’un de ses fils, ce qui la conduit rapidement vers ses premiers succès dans la seconde moitié des années soixante. Elle occupe les premières places du classement national pendant une dizaine d’années en compagnie de Loretta Lynn, l’autre première dame de la country. Ses performances demeurent plus accommodantes que celles de sa rivale mais toutes aussi marquées par un sentimentalisme féministe.

 


Jimmie Rodgers (1897-1933)

Trop fragile pour travailler sur les chemins de fer, le père de la musique country ne manque en revanche pas de souffle pour interpréter ses blue yodels et devient la première grande star du genre. Autant influencé par le folk et le gospel que par le blues et la musique populaire de l’époque, il enregistre aussi bien seul qu’accompagné par des formations jazz. Malgré une carrière écourtée par la tuberculose, il lègue un héritage immense et influencera la plupart des artistes country, de Hank Williams à Merle Haggard.

 


Roy Rogers (1911-1998)

Quelques années après avoir migré en Californie, Leonard Slye connait ses premiers succès au sein des Sons of the Pioneers qu’il quitte pour devenir l’un des plus grands cowboys chantants et l’une des plus grandes idoles des États-Unis. Si ses chansons ne bénéficient pas d’un succès aussi massif que celles de Gene Autry, Roy Rogers le surpassera largement au Box Office dans les années quarante au point de devenir le véritable « roi des cowboys » aux yeux du public américain.

 


Hank Snow (1914-1999)

Surnommé le « Yodeling Ranger » au Canada suite à des performances très inspirées de Jimmie Rodgers, Clarence Snow devient le « Singing Ranger » après son arrivée à Nashville. Déjà très populaire dans son pays natal, il s’impose rapidement au Grand Ole Opry dans les années cinquante grâce à une série de tubes honky tonk accrocheurs et à son charmant baryton. Sa démarche aventureuse mêlant parfois boogie, rhumba, chansons de cowboy et hawaïennes sera même appréciée au delà du continent américain.


The Sons of the Pioneers (1934)

Parmi les premiers ensembles de musique Western à connaitre le succès, les Sons of the Pioneers se font connaitre grâce à un admirable trio vocal constitué de Bob Nolan, Tim Spencer et du futur Roy Rogers. Singulières, innovantes, ces harmonies vocales se ponctuent régulièrement par ces yodels collectifs et plaintifs qui rappellent les sifflements des trains à vapeur. Le groupe devient progressivement une véritable institution et survivra à sept décennies au gré des changements de personnel.

 


The Stanley Brothers (1947-1966)

Après des débuts consacrés au folklore et aux ensembles de cordes des Appalaches, Ralph et Carter Stanley évoluent vers le bluegrass parallèlement à Bill Monroe et sa troupe. Si leurs performances demeurent moins athlétiques et moins empreintes de virtuosité que celles de Flatt & Scruggs, leurs chansons brillent par la délicatesse et la pureté mélancolique des vocalises des deux frères. Malgré un parcours semé d’embuches, ils laisseront un catalogue riche et varié.

 

 


Ernest Tubb (1914-1984)

Premier artiste de honky tonk à gagner une renommée nationale, le Texas Troubadour devient progressivement l’un des plus fiers emblèmes de la musique country. Son style initialement très imprégnée de celui de Jimmie Rodgers évolue parallèlement au genre dans son ensemble, vers des performances simples et relâchées qui séduisent malgré un chant que lui même considère bien loin de la perfection. Sa popularité culmine vers la fin des années quarante, après l’ouverture de son magasin de disques, mais il continuera de tourner pendant plus de trente ans.


Hank Williams (1923-1953)

Durant sa courte et glorieuse carrière, Hank Williams donne le jour au répertoire le plus mémorable du genre et s’impose en véritable modernisateur. Son style honky tonk basé sur des mélodies douces, simples et directes, des chansons sentimentales, plaintives et dramatiques deviendra le véritable pilier emblématique de la musique country contemporaine. Sa vie personnelle chaotique, marquée par un alcoolisme dévastateur, ne lui permettra pas de survivre au-delà de 30 ans.

 


Bob Wills (1905-1975)

Pionnier du Western Swing en compagnie de Milton Brown, le violoniste ne tarde pas à former son propre groupe : les Texas Playboys, un véritable orchestre incorporant une section de cuivres typique des big bands de l’époque. Son alliage de country et de jazz urbain vitalise le genre par son aspect improvisé et dansant, le modernise par l’incorporation de la guitare électrique et de la batterie pour atteindre des sommets de popularité à l’aube des années quarante.