Townes Van Zandt

Pourquoi est-il le plus grand troubadour de tous les temps ?

1. Il n’a besoin de rien, ou presque

Le presque rien fait référence au dépouillement : quelques accords, une guitare et une voix. Il ne s’agit d’ailleurs pas d’une « grande » voix au sens classique. Elle est plutôt fine, retenue, un peu fragile mais ce qui rend cette vulnérabilité si exquise à mes oreilles, ce sont ces petites fêlures et ces petites inflexions, notamment en fin de phrase. À partir de là, tout élément supplémentaire serait superflu…

2. Il transforme ce presque rien en quelque chose d’universel

Son écriture est très économe et peu explicative. Il procède par images, personnages ou avec des situations à peine esquissées. Avec très peu de mots, il arrive à parler de trucs immenses comme l’amour, la solitude, la liberté, la perte, la mort ou encore le temps qui passe. Cette approche lui permet de laisser beaucoup de place à celui qui l’écoute.

3. Il connaît la mélancolie, la vraie

Là je ne parle évidemment pas de la mélancolie psychiatrique mais de quelque chose de plus doux-amer, contemplatif, aussi propice à un certain désespoir qu’à une sorte d’apaisement. Cette familiarité avec l’impermanence ne vire jamais vers le glauque. Il ne renvoie aucun pathos pas plus qu’il ne réclame à son auditeur d’être ému. Cette émotion naît presque malgré lui quand il chante.

4. Il était beaucoup plus qu’un chanteur maudit

Sur la base d’origines privilégiées et d’une trajectoire sociale toute tracée, il choisit une existence complètement différente. Son peu d’intérêt pour l’argent, le statut, le confort et son besoin de liberté l’incitent plutôt à une vie itinérante, aux petits clubs, ceci tout en gardant un humour constant et une certaine distance vis-à-vis de sa propre carrière. Ce dépouillement existentiel fait totalement écho au dépouillement de son œuvre.

Si sa vie est aussi marquée par des dégâts liés à des troubles psychiatriques et à une autodestruction qu’on peut qualifier de massive, ce ne sont pas ces problèmes qui ont engendré chez lui une telle philosophie bohème. Il y a chez lui un rapport au monde singulier et un choix de vie anticonventionnel. Les deux phénomènes coexistent mais le second n’est pas la preuve ni la source du premier.

Trois chansons incontournables :

« Waiting Around to Die »
« Kathleen »
« For the Sake of the Song »

Ma playlist : https://sdz.sh/YX39ge

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