Derrière l’étiquette « borderline »

⚠️ TOP 10 des troubles à rechercher derrière une étiquette “borderline”

La psychiatrie « service rapide » nous pousse de plus en plus à nous contenter de ce diagnostic ô combien superficiel de trouble borderline, probablement le plus insatisfaisant qui soit (juste devant le trouble schizo-affectif).

Or le diagnostic différentiel est capital. On vient souvent nous parler de comorbidités alors que ces « comorbidités » expliquent souvent beaucoup mieux les symptômes avec lesquels on a posé, au préalable, l’étiquette “borderline”.

1️⃣ Troubles liés au trauma
– stress post-traumatique complexe ou trauma développemental (appelez ça comme vous voulez)
– troubles dissociatifs (oui je sais qu’on peut dissocier sans trauma mais bon… quand même)
– troubles de l’attachement
→ indices : dissociation marquée, intrusions, flashbacks, mémoire fragmentée, identité fluctuante, etc.

2️⃣ Troubles de l’humeur (maniaco-dépression, etc.)
– bipolarité type II
– cyclothymie
– dépressions récurrentes avec irritabilité
→ indices : instabilité émotionnelle vs. thymique (pas toujours évident), cycles parfois difficiles à identifier du fait de la dysrégulation émotionnelle, aggravation sous antidépresseur, etc.

3️⃣ Troubles neurodéveloppementaux
– TDAH
– autisme
→ indices : difficultés sociales précoces, surcharge sensorielle, impulsivité et dysrégulation attentionnelle.

4️⃣ Troubles anxieux sévères (oui, ces diagnostics ne sont pas toujours très satisfaisants non plus)
– trouble panique
– trouble anxieux généralisé
– anxiété sociale
– TOC (et oui)
→ indices : ça dépend du trouble anxieux, mais la réactivité émotionnelle est logiquement importante.

5️⃣ Troubles addictifs
– stimulants
– alcool
– cannabis, etc.
– addictions sans substance
→ indices : impulsivité et instabilité relationnelle peuvent être secondaires aux addictions.

6️⃣ Troubles alimentaires
– boulimie
– hyperphagie
– anorexies avec impulsivité
→ indices : le comportement alimentaire, pardi.

7️⃣ Troubles de la personnalité (autres)
– personnalité évitante
– personnalité dépendante
– personnalité histrionique
– personnalité narcissique
→ indices : oui, je sais… ces diagnostics ne sont pas forcément plus valables.

8️⃣ Effets secondaires médicamenteux ou substances
– stimulants
– corticoïdes
– antidépresseurs etc.

9️⃣ Troubles hormonaux
– trouble dysphorique prémenstruel (je me suis encore fait avoir récemment)
– périménopause
– hyperthyroïdie ou hypothyroïdie

🔟 Troubles neurologiques
– épilepsie (ex. temporale)
– séquelles de traumatisme crânien
– syndromes frontaux

PS : l’ordre du classement importe peu


🤔 Quels sont les autres troubles sur lesquels la thérapie comportementale dialectique a montré une efficacité ?

La thérapie comportementale dialectique (TCD ou DBT pour dialectical behavioral therapy) a été développée pour le trouble borderline dans les années 80.

Pour beaucoup, l’efficacité de cette thérapie chez les patients borderline est au mieux un argument solide, au pire une preuve de la validité et de la grande pertinence de ce diagnostic. Certes.

Voici les autres troubles sur lesquels cette thérapie a montré son efficacité :

1️⃣ Automutilations et comportements suicidaires, c’est le domaine où les données sont les plus solides.
– adolescents suicidaires
– automutilations répétées
– crises suicidaires indépendamment du diagnostic

2️⃣ Troubles alimentaires, particulièrement :
– boulimie
– hyperphagie boulimique

3️⃣ Addictions, avec des adaptations appelées DBT-SUD.
– dépendance aux substances
– addictions comportementales

4️⃣ Trouble de stress post-traumatique, avec des adaptations appelées DBT-PTSD
– particulièrement pour les traumatismes complexes.

5️⃣ Troubles de l’humeur, utilisée comme approche complémentaire surtout lorsque l’impulsivité ou l’instabilité émotionnelle sont importantes.
– bipolarité
– dépression résistante

6️⃣ TDAH, certaines études montrent un intérêt pour
– TDAH adulte
– troubles avec forte impulsivité.

Il ne fait aucun doute que cette liste va continuer à s’étendre puisqu’en réalité la DBT cible quelque chose de beaucoup plus large que le trouble borderline : la dysrégulation émotionnelle sévère.

Il est donc logique que les compétences acquises en TCD/DBT soient utiles en cas de une mauvaise régulation émotionnelle et comportementale.

Pour rappel (ou pour info), ces compétences sont :
– pleine conscience
– tolérance à la détresse
– régulation émotionnelle
– efficacité interpersonnelle

Aussi géniale que soit cette méthode (et c’est vrai qu’elle est pas mal du tout), elle n’est pas plus spécifique au trouble borderline que les symptômes ne le sont à ce diagnostic.

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