☝️ Petite réaction à la vidéo de Michael que je vais résumer ainsi :
1️⃣ Il présente le concept de « pervers narcissique » comme assez foireux, non seulement sur le plan scientifique mais aussi car ce concept contribuerait à valider sans fin un récit d’impuissance qui soulagerait sur le moment tout en aggravant l’inaction à long terme.
2️⃣ Il embraye ensuite sur une critique plus large de la « culture victimaire » en affirmant qu’aujourd’hui le statut de victime est socialement valorisé, que ces récits d’impuissance circulent bien tandis que les discours sur les compétences relationnelles, les erreurs personnelles ou la marge d’action passent moins bien.
🙅 Bon ce qui ne le surprendra pas, c’est que je ne suis pas d’accord évidemment, que ce soit sur le ton, ou sur le fond.
1️⃣ Dans mon monde à moi, les victimes ne sont pas valorisées mais toujours culpabilisées tandis que les discours type : vous auriez pu faire autrement, reprenez le pouvoir d’agir, ne subissez plus les personnalités toxiques (merci le coaching et le développement personnel) se trouvent à tous les coins de rues.
2️⃣ Pour illustrer son propos, Michael se prend lui-même en exemple : ayant pris conscience tardivement de sa part de responsabilité dans certains problèmes. Qu’il puisse faire son auto-critique, certes, mais en pratique, les personnes que je reçois et qui se plaignent d’être victime d’un pervers narcissique ne sont pas des hommes (1) blancs (2) avec un bon statut social (3) et des revenus qui leur permettent de s’en sortir seul (4).
3️⃣ Le validité de cette étiquette de pervers narcissique est effectivement très discutable mais elle a tout de même une fonction. Si on traduit instantanément cette étiquette par une lecture où la victime aurait toujours une part active et suffisante pour changer la dynamique, on remplace un concept foireux par un autre.
4️⃣ Distinguer culpabilité et pouvoir d’agir, pourquoi pas. Mais ça ne tient pas dès lors que les exemples choisis suggèrent que la personne aurait pu faire autrement, réagir autrement ou éviter la situation. À ce moment là, on ne dit plus « tu peux retrouver des leviers », on dit « tu avais des leviers et tu ne les as pas utilisés ». Et pour beaucoup de patients, ça se traduit par de la honte, de l’auto-accusation et une inhibition supplémentaire, donc pas le résultat recherché.
5️⃣ Par ailleurs, toutes les situations relationnelles ne sont pas symétriques. Certaines impliquent dépendance affective, sidération, dissociation, attachement désorganisé ou encore répétitions traumatiques. Dans ces contextes la marge d’action existe peut-être mais elle est plutôt réduite, instable et souvent inaccessible au moment critique.
Bref pour moi, ce genre de discours ne mobilise pas et ne responsabilise pas. Il écrase, fige ou culpabilise.



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