Ma sélection de chansons déprimées

Voici une sélection de onze chansons qui expriment ou pourraient traduire des pensées dépressives.

Ces titres restent limités au domaine du rock et ne sauraient se substituer aux traitements recommandés d’un épisode dépressif.

Les échantillons sont classés par ordre alphabétique.


Judas Priest : « Beyond the Realms of Death » (1979)

Il est ici question de cette forme quasi-paralytique de dépression que l’on qualifie de catatonique et dans laquelle le ralentissement psychomoteur est tel que celui qui en est victime semble tomber dans une sorte de coma. La chanson encourage cependant plutôt à se débattre qu’à céder à la tentation du suicide.


Nick Drake : « Black Eyed Dog » (1974)

Cette chanson est enregistrée par Nick Drake quelques mois avant son intoxication fatale aux antidépresseurs. Le chien noir dont il est question représente la dépression dans toute sa pesanteur et sa ténacité. Cette métaphore est utilisée depuis plusieurs siècles et avait notamment été remise au gout du jour par Winston Churchill.


Electric Light Orchestra : « Can’t Get It Out of My Head » (1974)

Il est bien difficile de savoir ce dont veut parler Jeff Lynne dans cette chanson mais ses ruminations obsédantes s’accompagnent clairement d’un sentiment d’impuissance lié à cette incapacité à sortir de ces rêveries circulaires. Le monde réel, considéré comme déjà « mort », n’est pas forcément plus attrayant.


Paul McCartney : « Every Night » (1970)

Dans les suite de la séparation des Beatles, McCartney n’est logiquement pas au mieux de sa forme, tiraillé entre un sentiment de libération « artistique » et une inquiétante sensation de vide. Il veut continuer, il veut jouer mais il a du mal à sortir de son lit et ses pensées errent sans but précis, ce qu’il exprime bien dans cette chanson.


Metallica : « Fade to Black » (1984)

James Hetfield aurait écrit ces paroles pendant une phase de déprime liée à quelques évènements difficiles vécus par le groupe. Moins caricatural qu’à l’accoutumée, il y aborde le suicide de façon directe mais réaliste, en mettant en avant le découragement et les idées de désespoir qui peuvent conduire à passer à l’acte.


Pink Floyd : « Goodbye Cruel World » (1979)

Le concept de l’album The Wall peut tout à fait se résumer à une métaphore de la dépression. Cette chanson correspond à la mise en place des dernières briques. Le protagoniste y achève donc la construction du mur « mental » qui l’isole enfin complètement du reste de la société, mais pas de la souffrance, au contraire…


Van Der Graaf Generator : « House with No Door » (1970)

Cette maison sans porte, sans toit, sans lumière, qui n’attire personne et dans laquelle il fait froid peut tout à fait être perçue comme une métaphore de la dépression. Peter Hammill s’y installe et exprime à la perfection le sentiment d’isolement et l’incompréhension dont cet état nous rend victime.


Opeth : « In My Time of Need » (2003)

Tirée d’un magnifique album nommé Damnation, cette chanson est celle d’un homme visiblement à la dérive qui subit la vie comme un véritable châtiment. Tiraillé entre l’idée d’appeler à l’aide et celle de ne pas la mériter, il finit par fuir de façon récurrente pour soulager puis finalement renforcer son sentiment d’abandon.


Radiohead : « No Surprises » (1997)

La douceur et la naïveté de cette mélodie contrastent avec les idées suicidaires bien plus sombres que chantent Thom Yorke. Il habite ici un personnage visiblement à bout, blessé, inondé par le stress d’une vie dans laquelle il se sent délaissé, ceci au point d’envisager de se laisser définitivement submerger, jusque’ à ce que…


Alice in Chains : « Nutshell » (1993)

Layne Staley se chante ici dans une lutte qu’il finit par considérer comme vaine contre une intrusion de plus en plus oppressante dans son intimité. Sans solution de repli et face au « ratissage » de sa vie privée, il sombre dans le désespoir et commence à se convaincre que la mort est la seule solution.


The Rolling Stones : « Paint It Black » (1966)

Les sources d’inspiration de Jagger sont ici multiples, tout comme les interprétations qui peuvent être tirées de ces paroles. Celles-ci illustrent néanmoins très bien le véritable filtre qui est à l’oeuvre dans la dépression et qui favorise une vision sombre du monde. Il ne s’agit cependant pas d’une démarche aussi volontaire que dans cette chanson.


 

8 Comments

  1. Bonjour, Je regarde souvent votre site et écouter vos sélections musicales c’est très intéressant. Aujourd’hui c’est une bonne idée de parler de la dépression à travers les chansons. D’ailleurs vous devriez le faire pour d’autres sujets. Ce devrait être assez difficile de trouver des chansons rock sur les hôpitaux psychiatriques ou les psychiatres, alors là j’ai une idée: trouver des chansons sur l’autorité.
    Sinon votre site change tout le temps de présentation (ou c’est mon navigateur qui pose problème) et à la longue on a du mal à s’y retrouver.

    1. Bonjour,
      Merci et navré pour ces changements incessants qui reflètent probablement une insatisfaction esthétique chronique… Je vais me pencher sur d’autres sujets en chansons, et notamment sur la maltraitance psychiatrique, ceci dès que j’aurai trouvé suffisamment d’échantillons.

      1. Madmoonlight

        Je retrouve étrangement un certain nombre de morceaux que j’ai pu écouter en boucle enrouler dans ma couette il y a quelques années!

  2. Va falloir faire un choix pour votre présentation!
    Si vous trouvez des chansons de rock sur la maltraitance psychiatrique, ce serait incroyable parce que c’est pointu. Non pas que les expériences manquent mais qu’elle soient chantées!
    Ah mais j’en ai une!! Lou Reed en a écrit une suite à ses séances d’électrochocs. Je ne me souviens plus du titre mais elle est dans son recueil de chansons. Le livre s’appelle Parole de la nuit sauvage. C’est d’ailleurs un très bon livre parce que les textes sont très beaux. Et moi j’aime beaucoup Lou Reed.

  3. J’ai retrouvé la chanson. C’est Kill your sons. Mais l’évocation sur l’hôpital psychiatrique est très courte. Lou Reed nous explique que quand on va à l’hôpital psychiatrique, on dépasse pas la page 17 d’un bouquin ensuite, à force de recommencer la lecture au début.

    1. Je crois que c’est une critique des électrochocs :

      All your two-bit psychiatrists are giving you electro shock
      They say, they let you live at home, with mom and dad
      Instead of mental hospital
      But every time you tried to read a book
      You couldn’t get to page 17
      ‘Cause you forgot, where you were
      So you couldn’t even read
      Don’t you know, they’re gonna kill your sons
      Don’t you know, they’re gonna kill, kill your sons
      They’re gonna kill, kill your sons
      Until they run run run run run run run run away

  4. Oui, c’est une critique des électrochocs qui font perdre la mémoire. Personnellement je trouve que les électrochocs c’est barbare. Et dans le cas de Lou Reed ça l’était particulièrement puisque ses internements étaient motivés par ses parents, désireux de faire disparaitre son homosexualité…

  5. Pour moi, je place mumford and sons « ghosts that we knew » en premier

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