Ma sélection de boogie rock appuyé

Voici une sélection de chansons bien appuyées qui peuvent être regroupées plus ou moins approximativement sous l’appellation boogie rock. Principalement basées sur un format d’inspiration bluesy, elle s’articulent autour d’un ou de plusieurs riffs répétés inlassablement ou délivrés sous la forme d’échanges type appel/réponse avec le chant. Le groove qui en résulte, particulièrement enivrant, prend le pas sur les performances solistes observées dans le blues rock plus classique.

Les échantillons sélectionnés restent cantonnés aux années soixante-dix qui sont à considérer comme l’âge d’or du boogie rock appuyé, et, hélas, l’âge d’or du rock misogyne.

Les doléances, commentaires et autres réclamations sont évidemment possibles.

Le classement n’est qu’alphabétique.


Aerosmith : « Adam’s Apple » (1975)

Le péché originel reste un sujet incontournable pour tout parolier de rock pénien qui se respecte, une catégorie à laquelle Aerosmith ne saurait être limité. L’intérêt de ce titre ne réside pourtant pas dans sa lecture de la bible mais dans ce riff tonitruand qui répond à merveille aux paroles misogynes de Steven Tyler. Les cassures rythmiques ne sont pas en reste et inciteraient presque à pardonner à Eve et par extension à ces pauvres femmes.


AC/DC : « Bad Boy Boogie » (1977)

L’intégralité de la carrière d’AC/DC reste et restera basé sur le boogie et ce titre n’en est qu’un échantillon. Son riff demeure élémentaire et décliné sur un format blues qui l’est tout autant mais les véritables coup de boutoir de la section rythmique le propulsent au delà des espérances. Si l’on ajoute ce petit phrasé à l’unisson guitare/voix et que l’on passe outre (une fois de plus) la misogynie galopante, c’est le pied.


Ted Nugent : « Cat Scratch Fever » (1977)

Si l’on en croit ces paroles à nouveau très délicates à l’égard des femmes, il s’agirait davantage d’une maladie sexuellement transmissible telle que la syphilis plutôt que celle des griffes du chat. On préferera une fois de plus porter son attention sur un riff à la fois brutal et sensuel que sur les difficultés de cet homme à se protéger lors des rapports sexuels, sans parler de son activisme politique.


Kiss : « Cold Gin » (1974)

Considérée par certains comme la septième chanson à boire de tous les temps, « Cold Gin » brille en effet davantage par ses aspects spiritueux que par sa spiritualité. Son riff imposant est véritablement transcendé par une ligne de basse pourtant rudimentaire mais diablement efficace. Le résultat est à considérer comme bien supérieur à tous les autres hymnes de ce groupe festif.


Thin Lizzy : « Don’t Believe a Word » (1976)

Initialement envisagé par Phil Lynott comme une ballade, celui-ci la redécouvre transformée par ses acolytes en quelque chose de plus remuant et y trouve finalement son compte. Il en résulte tout de même un mélange assez incongru constitué de paroles de tonalité mélancolique et d’un riff propulsé à un rythme effréné. Tout cela n’empêche pas de prendre goût à ce véritable shuffle dépressif.


Foghat : « Fool for the City » (1975)

Cette formation anglaise se constitue initialement avec deux membres de Savoy Brown, un groupe qui donne déjà dans le bluesy/boogie mais de manière moins appuyée. Cet hymne permet à Foghat de percer aux Etats-Unis, là où les collectifs sudistes produisent une musique similaire. Le riff n’est ici pas des plus fantaisistes mais guitare et basse se complètent à merveille pour le rendre assez funky.


T. Rex : « Get It On » (1971)

Moins musclé que la plupart des échantillons de cette sélection, cette prouesse de boogie glamour ne saurait en être exclue tant le groove qui s’en dégage est savoureux. Il semblerait que Marc Bolan se soit inspiré d’un titre de Chuck Berry pour la composer, avant d’accentuer la sensualité du riff et notamment ce petit contretemps qui fait toute la différence. Un groupe de disco s’y est même risqué.


Lynyrd Skynyrd : « Gimme Three Steps » (1973)

Leader d’une seconde vague de rock sudiste très axée sur le boogie, Lynyrd Skynyrd dispose d’une ribambelle de bijoux du genre dans son catalogue. Celui-ci brille particulièrement par sa ligne de basse qui procure un aspect remuant à cette histoire de bar dans laquelle le narrateur danse avec une fille jusqu’à ce que son supposé petit copain se pointe avec une arme à la main, et …


ZZ Top : « La Grange » (1973)

Il s’agit probablement du titre le plus emblématique du genre consacré à une maison close située à La Grange au Texas. Le riff semble dériver du « Boogie Chillen » de John Lee Hooker duquel sont inspirés par ailleurs de nombreux riffs (voir iciici ou encore ici). Ceci n’empêche pas les barbus d’en tirer quelque chose de très convaincant si l’on en croit le standard qu’est devenue cette chanson.


Grand Funk Railroad : « Mr. Limousine Driver » (1970)

À l’époque ultra populaire aux États-Unis, ce trio remplissait les stades grâce à un boogie rock rudimentaire plus ou moins digéré d’autres trio blues rock (Ex. Cream ou l’Experience de Jimi Hendrix). Ce titre est probablement parmi ses plus sophistiqués (c’est dire…) et se caractérise par un groove aussi éléphantesque que réjouissant. Fait surprenant, la femme y est encore mise à l’honneur…


Bad Company : « Rock Steady » (1974)

Formé en partie sur les cendres de Free, Bad Company ambitionne d’en ôter toutes les fioritures (il en restait déjà bien peu) pour rassembler les foules autour d’un rock pénien très direct. L’objectif est atteint, notamment avec ce titre assez fruste porté par un riff admirable. Celui-ci, malgré la relative pauvreté de tout ce qui l’entoure, parvient à donner un résultat d’ensemble très accrocheur.


2 Comments

  1. joelle chollet

    Merci Igor Une petite tendresse pour AC/DC

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